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Le point de vue de Philippe Bosc.

Les flacons et l’étiquette.

Il compte parmi les golden boys de l’économie alsacienne. Son entreprise, partie de rien voici à peine dix ans, emploie aujourd’hui des milliers des coiffeuses dans la France entière. Coté au Second marché, le groupe qui porte son nom témoigne de résultats flatteurs et retient l’intérêt des analystes financiers : Philippe Bosc, autodidacte s’il en est puisqu’il convient d’avoir manqué son CAP, évolue dans l’environnement du business avec retenue et humour. Et se félicite de disposer désormais des moyens suffisants pour s’offrir quelques rêves. Notamment celui d’une cave enviable.
Rencontrer Philippe Bosc est chose aisée. Du moins pour les boursicoteurs que la terminologie contemporaine qualifie désormais d’épargnants individuels. C’est que le patron du groupe de services à domicile qui porte son nom s’affiche volontiers dans les diverses manifestations qui mettent en relation les entreprises cotées en Bourse et leurs actionnaires. Et ces réunions sont plutôt nombreuses en Alsace. Ce coiffeur de métier n’a pas perdu de temps à comprendre bien des mécanismes du monde actuel. Et notamment grâce à un sens aigu de la communication et des relations humaines avec la presse tout spécialement.
Mais Format Raisin n’est ni Investir ou La Vie Française. S’il est question dans nos colonnes de taux, ce sera ceux des sucres résiduels qui enrichissent ou dénaturent les vins, selon le cas. Et de bilan, il n’en sera question que pour apprécier les caractéristiques des vendanges passées. Si la rencontre avec Philippe Bosc est généralement de nature à séduire le journaliste économique, quid des chroniqueurs viniques du journal des vignerons d’Alsace ? L’évidence ne nous avait pas échappée, avant de solliciter le chef d’entreprise auteur d’une percée fulgurante dans le monde des affaires pour évoquer sa passion pour le vin. L’enfant de Soultz, près de Guebwiller, n’est ni sommelier si œnologue. Son point de vue sur le vin est différent, et procède pour partie de sa réussite.
« Je suis ravi de disposer de moyens suffisants pour acquérir des bouteilles rares. J’ai fréquenté de très nombreuses ventes aux enchères, ce qui m’a permis de disposer d’un réseau de relations dans ce milieu. Et d’être ainsi informé des bonnes affaires », constate le chef d’entreprise. Pas de surprises. Le saint des saints de l’œnophile haut-rhinois recèle force châteaux bordelais aux noms propres à faire frissonner n’importe quel amateur de vins. Grandes appellations de la Vallée du Rhône, de Champagne et de Bourgogne occupent également un volume privilégié. Quant aux alsaces, ils ne sont pas absents, loin s’en faut. Philippe Bosc possède en la matière de quoi séduire bien des amateurs.

Découvertes et valeurs sûres

N’empêche. La démonstration est évidente. « Lorsqu’un amateur veut se constituer une cave prestigieuse, il ne rencontrera que rarement des alsaces dans les ventes. Les vins d’ici ne sont pas assez cotés et personne ne mettra 1 500 F dans une bouteille de vin d’Alsace. C’est ainsi », constate l’homme d’affaires. Et d’avouer pour lui-même une certaine forme de méconnaissance des alsaces. « Spontanément, je suis attiré en matière de vins blancs par des moelleux et des liquoreux. Ou par des crémants d’Alsace. Je redoute un peu les vins secs, surtout le style qui pétrole », confie-t-il. Et de servir en apéritif un crémant rosé d’excellente facture, élaboré par un vigneron des alentours de sa maison, d’ailleurs située en plein paysage de vignes. Quant aux perspectives de vieillissement des alsaces, Philippe Bosc apparaît à l’instar d’une proportion considérable d’amateurs : plutôt ignorant dans le potentiel, pourtant fantastique, des grands alsaces.
« Cela ne m’empêche nullement de vanter les alsaces ou d’en servir à des invités d’autres régions. Je trouve parfaitement normal de les faire connaître. D’ailleurs, j’apprécie de découvrir des vins de différentes régions ou pays, y compris dans les appellations moins réputées. C’est souvent dans ce type de circonstance qu’on rencontre les vins les plus intéressants », indique-t-il. Mais le plaisir essentiel en matière de vins reste le choix, l’ouverture et le partage d’une bouteille. « Les interprétations des uns et des autres varient, il y a plusieurs manières de vivre et d’aimer le vin. Mais à chaque fois, on met en commun une passion ».

Simplicité et goût du beau

Une dimension qui anime particulièrement Philippe Bosc, lui qui entend mettre les vins au pinacle de ses récentes acquisitions dans le voisinage de Notre-Dame de Thierenbach : l’Hôtel Les Violettes, en passe de devenir un 4 étoiles et l’Hôtellerie des Moines, dans les locaux du couvent. Et d’évoquer un différent avec un collaborateur envisagé pour diriger ces établissements, remercié pour avoir voulu privilégier une carte des vins réduite et plus simple. « Nous aurons une cave à vins voûtée, avec des milliers de bouteilles, des plus prestigieuses aux meilleures affaires. Je veux faire la réputation de l’établissement sur la qualité des vins. Et d’Alsace notamment », annonce l’homme d’affaires. « Je combine la passion et les moyens pour bien faire les choses. Il y aura les bouteilles réputées, les millésimes qui font rêver. Et pour l’Alsace, j’aimerais un coup de cœur par vigneron, le vin qui témoigne d’une recherche particulière, qui exprime un terroir ou une idée ».
Philippe Bosc incarne finalement l’attitude de bien des œnophiles. « L’Alsace souffre d’un déficit de notoriété. C’est ainsi », constate-t-il. Et ce communiquant oh combien efficace pour ses propres affaires sait de quoi il parle, lui a trouvé les moyens pour se tailler une place au soleil dans un univers pas moins concurrentiel que celui du vin. Très alsacienne aussi, son attitude qui cumule avec naturel l’amour des choses belles et reconnues avec un souci de simplicité. Boire un verre au bar-PMU du bas de la rue demeure un bon moment pour le dirigeant du groupe Bosc. Dans sa maison, transparaissent le souci du bien vivre et du bien recevoir que, dit-on, on rencontre de moins en moins en moins souvent.
Inutile de prétendre refaire l’histoire. Petrus et Haut-Brion n’apparaissent sur aucune carte topographique de la vallée du Rhin. Et pûisque ni le prestige ni l’image de marque ne s’inventent de toutes pièces, c’est donc aux vignerons d’ici de valider compétence, mérites et spécificités pour faire valoir ce qu’ils ont de mieux. Enfant de l’Alsace et de l’espace viticole, Philippe Bosc a trouvé les recettes pour devenir une référence dans son propre domaine d’activités. Toutes proportions gardées, quelques vignerons alsaciens peuvent faire valoir des réussites tout aussi exemplaires ; reste aux autres de savoir cumuler simplicité, sincérité, goût du beau avec des talents de communicant afin de tirer vers le haut l’ensemble du vignoble.

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