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Baisse des rendements.

Le cercle vertueux de la qualité.

Après avoir été vilipendée – pas toujours avec pertinence – pour ses rendements élevés, l’Alsace a entrepris de remettre de l’ordre dans des règlements qui autorisaient un laisser-aller préjudiciable à toute la communauté viticole. Même s’ils n’étaient pas systématiquement pratiqués.
Désormais, les rendements plafond sont fixés cépage par cépage et non plus globalement. D’autres mesures techniques ont été prises pour contingenter le travail de ceux qui produisent du raisin à la tonne sans autre souci que la multiplication poids-prix au kg. Il serait vain de nier que ces mesures concernent toutes les familles professionnelles en Alsace. Reste que pour les vignerons, abaisser les rendements représente une ardente obligation et une logique pratiquée peu ou prou par le plus grand nombre.
« Lorsque nous avons proposé aux clients de mon père nos vins de terroirs et nos grands crus, ils n’y ont rien compris. Alors, plutôt que de changer nos vins, nous avons entrepris de changer de clientèle », indique l’une des vedettes du vignoble régional. Sans considérer que cette pratique est à la portée de chacun, on s’aperçoit qu’elle est pratiquée – avec plus ou moins de vigueur – par un nombre significatif de vignerons. A Mittelbergheim, un jeune récoltant constate les efforts à accomplir pour intéresser les amateurs aux vins du domaine laissant la part belle à l’expression du terroir. Et donc pas vendus aux mêmes tarifs que les génériques, jusqu’alors intégralement écoulés sans aucune démarche commerciale !

Le problème des cours.
Un vigneron de Nothalten a choisi pour sa part la discrétion, excluant toute identification extérieure de sa cave afin de favoriser la constitution d’une clientèle qui lui soit propre, en dehors des clients de hasard. « C’est nécessaire si je veux conserver leur personnalité à mes vins. C’est ainsi que je peux viser un niveau de prix en conformité avec les efforts accomplis », dit-il.
Car la question du rendement revient toujours au même point. Attentif ou pas à la qualité, le vigneron doit aussi disposer des moyens de faire vivre son exploitation et sa famille. Et de ce point de vue, certains font remarquer que l’évolution des prix de vente au domaine ne se décrète pas et sont même parfois très difficiles à obtenir, tandis que l’évolution des cours des alsaces ne favorisent pas les efforts de qualité : « On me dit que les ventes de vins d’Alsace n’ont jamais été aussi bonnes. Mais à quel prix vend-on nos vins ? Dans le meilleur des cas, au même niveau qu’il y a quinze ans ! » souligne un vigneron d’Andlau. Même son de cloche auprès de nombreux observateurs du vignoble qui applaudissent le principe des primes à la qualité versés aux apporteurs de raisin soumis à des cahiers des charges destinés à favoriser la qualité, tout en déplorant leur modestie relative. « L’état du marché et les contraintes liées à la concurrence de pays aux prix de revient inférieurs aux nôtres ne permettent pas d’aller au-delà », répondent les destinataires des raisins, qui mettent eux aussi en avant les efforts accomplis pour favoriser des pratiques viticoles conformes à leurs ambitions.

Terroirs et génériques.
« La question est de savoir quel vin on veut élaborer et à qui on entend le vendre. C’est ce raisonnement et lui seul qui permet de déterminer comment conduire sa vigne plutôt que de n’être ballotté par les événements », poursuit un vigneron de Soultzmatt. Une logique défendue dans de nombreux domaines du nord au sud de l’Alsace, qui conduit plusieurs praticiens à considérer que le salut viendra de la séparation entre les vins génériques et ceux issus de terroirs. « On ne peut pas appréhender la question des rendements de manière simpliste et globale. Il est nécessaire de scinder les types de vins en deux. D’un côté, les vins de soif, frais, élégants, qui peuvent supporter des rendements relativement élevés et doivent être produits selon des critères de type industriels rigoureux et méthodiques. Destinés à des marchés précis, ils doivent bénéficier de la qualité la plus élevée pour concurrencer les blancs de l’hémisphère sud tout en bénéficiant de prix de vente compétitifs. De l’autre côté, il faut privilégier les vins issus de terroirs définis, grands crus ou lieux-dits, pour lesquels les obligations doivent être très strictes. Mais pour lesquels les marchés et les prix de vente sont très différents », décrivent plusieurs vignerons, d’Andlau ou de Turckheim par exemple.
Cette différenciation selon l’origine des vins est de fait pratiquée dans de nombreux domaines. Chez qui on souligne que la question des rendements ne se pose pas. « Notre récolte oscille entre 55 et 65 hl/ha », affirme un vigneron d’Ammerschwihr. « Cela fait des années que nos déclarations n’ont pas dépassé 75 hl/ha », souligne un collègue de Mittelbergheim, documents à l’appui. « Nous avons depuis longtemps une politique de vins de terroir. Quant on recherche l’expression d’un sol dans un vin, la diminution du rendement est l’un des facteurs de base. Et quand on est rigoureux pour certains vins, on le devient automatiquement pour les génériques », affirme-t-il.


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