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Les grands crus à travers les siècles

Malgré les vicissitudes historiques qui expliquent la brièveté de l'histoire des grands crus d'Alsace, les meilleurs terroirs sont identifiés et mis en valeur depuis des siècles. Tant pis si la vox populi n'en démord pas, estimant que la délimitation et la réglementation qui régit les grands crus en Alsace est trop récente pour avoir creusé profondément sa trace dans les esprits et les méthodes viticoles. Voyage dans le temps.

Les grands crus représentent, en Alsace comme ailleurs, des terroirs considérés comme exceptionnels et capables d'imprimer une marque particulière aux vins, au-delà de la typicité que leur confère le ou les cépages qui y sont plantés. Les anciens ne s'y étaient pas trompés, eux qui ont réservé la meilleure place aux banquets royaux, princiers ou épiscopaux d'autrefois aux vins du Bruderthal (Molsheim), Kastelberg (Andlau), Frankstein (Dambach-la-Ville), Sporen (Riquewihr), Schlossberg (Kaysersberg), Vorbourg (Rouffach), etc. La lecture des chroniques historiques suffit aisément à s'en convaincre : si les seigneurs ont installé leurs résidences fortifiées au-dessus de quelques-uns des plus remarquables terroirs d'Alsace, ce n'était pas seulement pour le paysage. La qualité des vins était parfaitement identifiée par nos ancêtres.

Les chroniques royales puis les menus de banquets plus récents font la part belle aux grands alsaces issus de terroirs très précisément nommés. Et souvent, à des millésimes fort anciens, prouvant à l'envi des capacités de vieillissement des alsaces. Logique d'ailleurs pour des vins de terroir : la garde et la bonification liée au vieillissement sont intimement mêlés aux vertus des meilleurs crus. D'autres témoins sont formels : le vin blanc le plus cher figurant sur la carte du paquebot France du temps de sa splendeur était un Clos Gaensbronnel, de chez Willm à Barr ! Certes, ces temps sont passés et le France a changé de nom et de style. Le symbole reste joli et n'en déplaise à Sardou, la référence drôlement valorisante.

Des intermédiaires
Il reste évidemment que la réglementation délimitant les grands crus et fixant les principes de leur exploitation est récente. On lira dans l'enquête consacrée à la gestion locale des grands crus quelques précisions relatives à la mise en place des terroirs réputés les meilleurs en Alsace, les grands crus. On relèvera aussi que de nombreux autres lieux-dits font antichambre aux portes de l'espace réservé aux meilleurs terroirs. Selon l'authentique historien du vignoble qu'est Pierre Gresser, ancien maire de Bennwihr, ancien dirigeant viticole alsacien, ce sont 279 dénominations qui revendiquaient une dénomination particulière à la fin des années soixante-dix.

Il fallait bien faire un choix, qui a porté sur les fameux cinquante grands crus. Mais la profession n'a pas soldé pour autant tout débat sur les autres sites et dénominations qualifiées " d'intermédiaires " dans le jargon professionnel. C'est-à-dire qu'elles se situent entre l'AOC grand cru et l'AOC Alsace en raison de leurs spécificités et de leur intérêt. Un nombre effrayant ? Peut-être au vu de la relative complexité apparente du vignoble alsacien et beaucoup moins si l'on considère le très grand intérêt représenté par plusieurs dizaines de merveilleux coteaux, expression manifeste de la variété des sols et des pratiques viticoles dans cette région.

Cépage et terroirs
Alors, faudra-t-il inventer des " premiers crus ", des " crus classés ", des " lieux-dits ", ou d'autres appellations ? Les vignerons membres du Syndicat des vignerons récoltants (Synvira) sont en tout cas appelés à réfléchir à ces questions déjà récurrentes puisque formulées par les pères des grands crus voici 25 ans. Cette grille de hiérarchisation est loin d'être anodine : elle témoigne en effet de l'un des débats cruciaux qui concerne le vin d'Alsace. Ce vignoble va-t-il poursuivre sa percée dans le monde des vins de terroir, quitte à y laisser une part de son image de vignoble de cépage ? Les alsaces resteront-ils au contraire en première ligne des vins plus courants, face aux excellentes productions du Nouveau Monde du vin ? Une synthèse entre ces différentes considérations sera-t-elle possible ?

Les enjeux sont d'importance et le débat loin d'être tranché. " Si nous restons figés dans les vins de cépage, nous n'en sortirons jamais ", pense pour sa part Pierre Gresser. Quelles que soient les convictions profondes de chacun, c'est désormais aux vignerons de s'exprimer, dégustations à l'appui, sur ces sujets difficiles. En sachant bien que les évolutions administratives et réglementaires relatives à la vigne mettent du temps à devenir concrètes. Presque autant de temps qu'à des vignes pour atteindre leur pleine maturité.

La clarification qui doit en découler devrait aussi ramener en bien plus grand nombre les meilleurs alsaces sur les tables les plus prestigieuses.

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