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Le lieu-dit Kaefferkopf à Ammerschwihr entre enfin dans l’AOC Alsace grand cru.

La 51e étoile brillera-t-elle un jour ?Photo_Kaefferkopf_copie.jpg

Le lieu-dit Kaefferkopf à Ammerschwihr entre enfin dans l’AOC Alsace grand cru. Le décret est paru au Journal officiel du 14 janvier. Il est loin de faire l’unanimité.

Le grand cru Kaefferkopf devrait être disponible à partir du millésime 2007 et commercialisé dès le mois de juin 2008. Un soulagement pour tous ceux qui se sont battus pour cette revendication, une hérésie pour les farouches opposants.
Dès le début du XIXe siècle, la première notion de terroir en Alsace qui a délimité le kaefferkopf a été définie en 1932. Le monde a beaucoup évolué, l’Alsace et ses vins aussi. Depuis plus de vingt ans, des vignerons d’Ammerschwihr se sont battus pour faire reconnaître leur terroir parmi l’élite des vins d’Alsace, à savoir les grands crus. Le terroir d'Ammerschwihr, comme l'ensemble du vignoble alsacien, est installé sur le piémont des Vosges et constitue le lien entre la montagne et la plaine. Cette zone est matérialisée par un champ de failles faisant affleurer diverses formations du Trias et du Jurassique entre le socle primaire des Vosges et du remplissage tertiaire et quaternaire du fossé alsacien. Le Kaefferkopf d'Ammerschwihr se partage en deux zones topographiques séparées par le ruisseau Walbach.
Au nord, ce coteau se situe entièrement sur roches granitiques. C'est une grande côte d'exposition est avec deux retours, un sud-est et un nord-est (Gries). Au sud, la côte est découpée par une suite de vallons, la partageant en autant de petits coteaux dont les expositions tournent du sud-est au nord. Au pied de ces coteaux principalement granitiques (granite de Kaysersberg, granite à deux micas de Turckheim) affleure le piémont partiellement masqué par des formations quaternaires d'origines diverses.


Le décret ne laisse pas indifférent
C’est avec la parution au Journal officiel du 14 janvier 2007 du décret du 12 janvier 2007 relatif à l’AOC alsace grand cru, l’aboutissement de ce long cheminement, pour une grande partie des viticulteurs de la commune viticole. Le riesling, le pinot gris et le gewurztraminer sont les trois cépages reconnus par l’AOC alsace grand cru à Ammerschwihr. Et pour la deuxième fois dans l’histoire des grands crus d’Alsace - le premier étant l’Altenberg de Bergheim - en reconnaissance d’un usage ancestral, le Kaefferkopf, vin d’assemblage de différents cépages récoltés sur le lieu-dit délimité, a été également entériné, sous réserve de contenir du gewurztraminer (entre 60 à 80 %) et du riesling (de 10 à 40 %). Le pinot gris et le muscat peuvent entrer dans l’assemblage, dans une proportion ne dépassant pas 30 % pour le premier et 10 % pour le second. 
A titre transitoire, les parcelles plantées en vigne à la date de la décision du comité national et exclues de l'aire délimitée alsace grand cru Kaefferkopf, peuvent bénéficier du droit à l'appellation  grand cru Kaefferkopf jusqu'à leur arrachage et au plus tard jusqu'à la récolte 2031 incluse, sous réserve qu'elles répondent aux conditions fixées par ce décret.
 Près de 68 hectares du vignoble d’Ammerschwihr ont été délimités dans l’aire d’appellation du grand cru Kaefferkopf. Et c’est là que le bât blesse. “15 ha ont été retirés, une vingtaine a été rajoutée”, s’insurge Jean-Pierre Kappler, président du collectif des viticulteurs propriétaires et consommateurs du Kaefferkopf. A l’annonce de la parution du décret, le collectif a saisi le juge des référés du tribunal de grande instance de Colmar “Nous n’avons rien contre les grands crus mais nous déplorons que certaines personnes soient dépossédées de leur patrimoine. Pour nous, il s’agit simplement de respecter la décision judiciaire rendue en 1932.” Jean-Pierre Kappler doute de l’intégrité de la commission chargée de délimiter la nouvelle aire d’appellation. “Certaines zones chevauchent l’aire d’appellation du lieu-dit limitrophe, le Wineck-Schlossberg, d’autres comportent des propriétés bâties”, explique le viticulteur. Quant aux solutions envisagées pour dédommager les viticulteurs concernés, que ce soit avec les bourses d’échange ou le surgreffage, “elles demeurent utopiques”.
Autre motif de désaccord, l’absence de transparence du bureau du syndicat viticole d’Ammerschwihr. Selon le collectif, il aurait été judicieux d’avaliser une telle décision en assemblée générale extraordinaire et non “entre les seuls membres du bureau de notre syndicat”, regrette le collectif. Un constat qui révolte le président du syndicat viticole d’Ammerschwihr. “C’est à l’issue de notre assemblée générale de janvier 2006 que la majorité des viticulteurs se sont déclarés favorables à la revendication du lieu-dit en grand cru”, explique Jean-Baptiste Adam, qui ne peut que se féliciter que le processus ait abouti à la nouvelle délimitation et à la publication de ce décret. Au bureau, “nous agissons toujours pour le bien du syndicat et non contre ses membres”.  Partisan de trouver le consensus le plus large possible, le président ne souhaite pas polémiquer : “Le Kaefferkopf doit aller de l’avant”


Régine Sérange
Est Agricole et Viticole n°4 du 26/01/2007

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