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Le Terroir du Schenkenberg.

Dominant de sa pente raide la vieille ville d’Obernai, le Schenkenberg présente ses terrasses étroites comme décor à l’une des cités les plus visitées de la route des vins. Situé à l’écart du Piémont des Vosges, le coteau bénéficie d’un ensoleillement sans pareil. Et s’appuie sur des siècles d’une histoire prestigieuse pour donner une facette supplémentaire aux vins d’Alsace.

Si l’adage qui veut que les vins situés dans un paysage magnifique sont à la hauteur du site représente une vérité, les crus du Schenkenberg sont forcément sublimes. En effet, la colline qui surplombe Obernai, plus connue sous la très patriotique dénomination de Mont National, offre des vues inoubliables sur la plaine de Strasbourg à Sélestat, les monts des Vosges, de la Forêt-Noire et au-delà par temps clair. Et bien sûr, en direction du piémont des Vosges tout proche, avec la vieille ville d’Obernai dont la beauté n’est plus à vanter, et aussi les villages, les châteaux en ruine, etc. Où que le regard porte, on découvre aussitôt une église, une tour, une montagne qui attire l’attention et force l’admiration. Sans oublier les vignes, que l’on aurait d’ailleurs tendance justement à trop ignorer par ici. De 750 ha au début du siècle dernier, la superficie plantée est tombée à peine à 350 ha au commencement de celui-ci. Phylloxéra, développement économique soutenu, urbanisation spectaculaire ont eu progressivement raison de nombreuses vignes.

« Le Schenkenberg lui-même a bien failli disparaître sous des projets touristiques et hôteliers. Il est vrai que le paysage est splendide, depuis le Clos Sainte-Odile », constate Robert Blanck, vigneron à Obernai et président du syndicat viticole local. Il est vrai aussi que dans la ville qui abrite la gigantesque brasserie Kronenbourg, le poids du vin est apparu bien dérisoire dans les années 60 et 70.

Fort heureusement, la désaffection est passée et Obernai renoue avec son passé viticole. Et défend désormais son Schenkenberg (sur 27 ha) avec plus d’abnégation que par le passé, où le train des Grands Crus ne s’est pas arrêté en gare d’Obernai alors que tous, sur place pensaient que la longue histoire des vignes dominant la cité emporterait la décision. Pour mettre le maximum de chances de leur côté, les metteurs en marché locaux se sont dotés d’une charte basée sur le référentiel de Tyflo, association alsacienne qui a défini un mode de conduite de la vigne proche de l’agriculture biologique. « Impossible de parler de terroir sans pratiques permettant au sol de s’exprimer naturellement », confirme Robert Blanck. Le syndicat local a également choisi le Gewurztraminer comme cépage phare, encore que des Riesling, des Sylvaner et même des Muscat laissent apparaître une signature du terroir très significative, avec une finale commune de citron vert et de fruits exotiques.

Quel sera l’avenir du Schenkenberg ? Les vignerons du cru mettent en avant leurs efforts de mise en valeur de ce coteau qui a bien failli se retrouver submergé d’un côté par les hôtels quatre étoiles et de l’autre par des lotissements. Ils espèrent évidemment que les instances tiendront compte de ses spécificités et que les effets de mode privilégiant les vins opulents, beaucoup plus marqués par l’alcool et le sucre, ne viendront pas perturber la renaissance d’un lieu-dit argilo-calcaire extrêmement sec où la vigne souffre en cet été de sécheresse.

Sur les superbes terrasses du Clos Sainte-Odile, désormais exploitées par la coopérative Divinal, et le haut du coteau, la roche affleure partout, laissant apparaître des cailloux ronds, polis par l’érosion. Et si un lieu-dit doit faire la preuve de sa personnalité par l’intermédiaire du travail des hommes et des femmes qui le travaillent, nul doute que le Schenkenberg se trouve sur la bonne voie.

Comme d’autres coteaux de la partie septentrionale du vignoble, les aléas sociaux, historiques et urbanistiques de l’Alsace ont provoqué une parenthèse de quelques années. Un détail par rapport aux siècles d’histoire de la vigne sur ses pentes, qui pourraient se refermer. En remettant la spécificité de ces terroirs à l’honneur, l’Alsace viticole élargira du même coup son offre de vins typés qui doivent tout à l’équation d’un terroir : sol, climat, et travail humain.

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