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Terroir du Bollenberg.

Le dieu soleil au service du vin.

Bien détaché des pentes vosgiennes, le Bollenberg étend ses amples arrondis entre Rouffach et Issenheim.La colline jouit d’une réputation enviable pour des raisons bien différentes : merveilleux terroir viticole, il représente aussi un trésor pour les naturalistes, les historiens et ceux qui recherchent les lieux bénéficiant d’une puissance tellurique.

Si l’on ajoute quelques histoires où sorcières, dieux antiques et dolmens, c’est un portrait passionnant du Bollenberg qui s’esquisse.

Disposer de vignes sur ce coteau représente un redoutable privilège. Un lieu chargé d’histoires et d’énergie mérite une attention toute particulière. Ici, point de pentes vertigineuses ou de terrasses à entretenir, comme dans les voisins grands crus dominant Guebwiller. Les menaces sont la sécheresse, sur un site où il ne pleut en moyenne que 350 mm d’eau par an, aussi peu que dans les calanques marseillaises. Autre menace, une viticulture trop intensive qui finit par détériorer un site magique, avec ses landes arides. Et qui conduit aussi à appauvrir les vins. Un écueil que connaissent bien les vignerons concernés : issus essentiellement d’Orschwihr, ainsi que de Soultzmatt, Bergholtz ou Westhalten, ils savent la valeur des vins nés dans le Bollenberg. Ils sont d’ailleurs nombreux à revendiquer des vins issus du coteau.

Sur un coteau aussi particulier, les vignerons sont investis d’une responsabilité particulière. Confrontés comme tous au grand bain des contraintes économiques – et autres ! – ils sont aussi sollicités pour mettre en valeur et protégé un sanctuaire naturel sans pareil. Quand on cultive la vigne, on cultive aussi la vie, souligne un vigneron « bio » passionné par le Bollenberg. Perçues par les uns comme un cadeau sans pareil, les richesses du coteau inquiètent aussi d’autres praticiens. Logique : la viticulture de terroir n’est pas encore valorisée à sa juste hauteur en Alsace. Rares sont ceux qui parviennent à valider des pratiques culturales rigoureuses et disposent d’une clientèle accoutumée à des tarifs en conséquence.

« Nous travaillons ensemble pour déterminer un vocabulaire de dégustation commun, mieux connaître la personnalité spécifique de nos vins », annoncent les vignerons d’Orschwihr. La tâche est ardue, notamment en raison de son ampleur ; malgré une relative homogénéité géologique et des caractéristiques climatiques voisines, le facteur humain reste pluriel. Et l’on rencontre toutes sortes de pratiques sur le Bollenberg, avec des démarches viniques très variées. Les références ne manquent pourtant pas, certains metteurs en marché ayant une longue expérience du coteau. Plusieurs d’entre eux disposent de bouteilles anciennes, permettant d’évaluer le vieillissement des vins du Bollenberg. Autre facteur de complexité, sur ce coteau comme ailleurs, plusieurs domaines viticoles ont radicalement changé de méthodes de travail au cours de la dernière décennie, allant par exemple vers la biodynamie. De quoi faire évoluer significativement le style des vins et de brouiller les références.

Le Bollenberg représente une terre de passions et recèle des lieux de ressourcement bien précis. Pour tenter d’approcher l’énergie du lieu, ceux qui connaissent ces endroits avouent s’y rendre régulièrement pour se ressourcer. C’est une méthode enviable pour sentir ce coteau à sa juste valeur.

20 % des « premiers crus »… à lui tout seul.
Casse-tête en vue pour les responsables de la délimitation des futures appellations intermédiaires. Le coteau est immense et ce sont près de 300 ha qui pourraient figurer comme « premier cru », si ce vocable est finalement choisi. Comme l’INAO a considéré qu’il ne faudrait pas dépasser environ 10 % du vignoble pour l’ensemble des appellations intermédiaires d’Alsace, soit 1 500 ha, on comprend vite que le Bollenberg ne pourra représenter à lui seul un cinquième du total…

Des caractères bousculés.
En règle générale, on définit un vin de terroir en fonction des caractéristiques spécifiques qui sont imprimées par le sol, le micro-climat et le travail des vignerons. La dimension variétale est alors dominée. En Alsace, subsiste un débat pour déterminer si l’influence du terroir doit dominer ou non le cépage.

Dans certains cas, la question ne se pose pas. Dégustés à l’aveugle, des vins issus de lieux bien définis comme le Rittersberg voient leurs caractéristiques variétales bousculées par l’effet terroir. Au point que même l’amateur éclairé se trouve bien en peine pour annoncer le cépage d’origine dans une dégustation à l’aveugle. « Un vin de terroir n’est pas celui qui plait à tout le monde ! Ses caractéristiques fortes peuvent choquer certains consommateurs », constate un vigneron.

Néanmoins, on sait que le retour à une viticulture de terroirs est récent en Alsace. Il faudra encore bien des efforts pour que chacun trouve ses marques dans un contexte radicalement nouveau. Par exemple, l’INAO recommande de réduire au minimum le nombre de cépages complantés dans les terroirs. Proposition qui peut se concevoir dans le Rittersberg, mais bien plus difficile à imaginer sur l’immense Bollenberg.

Coup de baguette magique souhaité.
Tous les promeneurs un peu sérieux vous le diront. Il suffit d’un peu de patience, de discrétion et de connaissance des phases lunaires pour assister à un sabbat de sorcières sur l’une ou l’autre des collines qu’elles affectionnent. Bollenberg, Bastberg, les ambiances y sont torrides et le spectacle que l’on croit y voir naissent évidemment d’une imagination fonctionnant normalement.
De nos jours, les sorcières du Bollenberg ont bien de la chance. Pour arroser leurs rencontres, elles n’ont que quelques pas à faire pour chaparder des vins de leur colline où l’on célébrait le dieu El, ou Belen. Vous savez, c’est le Belenos cher à Asterix et Obélix,. Dans le même temps, les fiestas du Bastberg ont perdu leurs cuvées. Plus de vignes AOC sur les pentes de cette merveilleuse colline, dont le sous-sol est étudié par des géologues du monde entier. Les crus d’ici ont réjoui la cour princière de Bouxwiller, au temps où les rois y dînaient.

Pas de chance pour les sorcières du Bastberg. A défaut des vins de leur colline, la délimitation de l’aire AOC qui ignore ce coteau dédié à la vigne pendant des siècles les contraint à arroser leurs fiestas de boissons venues d’ailleurs. Quelques arpents de vignes subsistent sur les pentes de la colline ; mais la rigueur administrative est passé par là.
Dites, les sorcières, vous n’auriez pas une baguette magique pour corriger tout cela ?

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