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Terroir du Kefferberg à Ergersheim.

L’émerveillement des sens.

A deux pas de Strasbourg, le Kefferberg étend ses pentes orientées plein sud. On y élabore de grands vins secs idéalement adaptés à la gastronomie et la nature y offre aussi des moelleux et liquoreux splendides. Détour à flanc de coteau, à l’écart du piémont des Vosges et sur les traces des plus anciennes vignes d’Alsace.

Les vignes de la Couronne d’Or s’étendent sur une succession de collines situées entre le piémont des Vosges et la banlieue de Strasbourg. L’un de ces coteaux, le Kefferberg (Ergersheim), est mis en valeur par quelques vignerons qui veulent tirer le meilleur d’une terre composée d’argile entrecoupée de couches calcaro-gréseuses. Une disposition que l’on retrouve ailleurs dans le vignoble alsacien, mais qui dispose ici d’un micro-climat différent des autres sites comparables. En effet, le Kefferberg (orienté plein sud) se situe à une dizaine de kilomètres des derniers contreforts des Vosges. Bordé au sud par la Bruche, il bénéficie d’une extraordinaire résistance à la sécheresse tandis que les silices qui en font la surface font un effet de loupe qui réchauffe le sol. Avec le calcaire qui oriente le goût des vins, cette chaleur confère à leur acidité une subtilité typique du Kefferberg.

Sur les trente hectares de ce coteau aux pentes douces, on trouve l’ensemble des cépages alsaciens, avec une prédilection pour les vins blancs. On lira en encadré ce que pense Charles Brand, vigneron à Ergersheim, héraut du Kefferberg, de l’effet produit par ce terroir sur les vins blancs. Facilement accessible en vélo depuis Strasbourg par la charmante piste cyclable du canal de la Bruche, le coteau invite à la promenade ; il offre un superbe point de vue sur les Vosges moyennes qui s’étendent à quelques kilomètres. Vers l’est, la cathédrale de Strasbourg dresse sa flèche incomparable, rappelant la proximité culturelle et géographique entre ce vignoble et la capitale historique du vin d’Alsace. A l’extrémité orientale du Kefferberg, la chapelle Saint-Michel reste le dernier vestige d’un village détruit lors de la guerre de Trente Ans. A pied ou en vélo, le site invite à la promenade et à la découverte viticole.

En contrebas du coteau coule la Bruche, rivière parfois colérique dont les crues inondent alors les prés d’alentour. Cette proximité favorise le développement du botrytis sur le coteau et autorise l’élaboration de Vendanges Tardives, voire de Sélections de Grains Nobles. D’une façon générale, les vignes travaillées avec une maîtrise des rendements obtiennent des degrés très élevés, parfois du niveau « VT » dès l’ouverture des dates de vendanges. Autre particularité, les premiers pas des vins issus de complantation, élaborés par Charles Brand.

Selon les historiens, on a planté des vignes dès le IVe siècle sur ces coteaux à la fois proches d’Argentoratum (Strasbourg, au temps des Romains) et des villas patriciennes de Kirchheim-Marlenheim, où se tenaient les villas de la haute société d’alors. Aujourd’hui, la vigne y reprend sa splendeur et retrouve aussi ses racines, en développant un style qui a marqué l’histoire du vignoble d’Alsace.

«Dès que nous dépassons 5 grammes de sucre résiduel, les vins du Kefferberg ressemblent à des vins moelleux. En revanche, les vins secs développent de belles acidités, une matière riche et des arômes qui en font de grands vins de gastronomie et qui revêtent des subtilités rares à table », décrit Charles Brand. « Ils présentent dans leur jeunesse un caractère “spritzig“ qui est propre aux vins blancs de gastronomie », ajoute le vigneron.

Pas de panique pour les non germanophones. Spritzig est un mot sans équivalent en français qui s’est construit au fil des siècles, en partant du mot allemand prickelnd, qui lui-même s’appuie sur trois expressions que l’on peut traduire ainsi : piquer au vif (anstarren), éveiller (erwecken) et émerveiller (anruhren). Autres éléments étymologiques, un mot du XVIIIe siècle
qui veut dire seringue (Sprize) et le verbe anfeuern, qui veut dire mettre le feu.

Les vins d’Alsace qui sont « spritzig » piquent au vif, éveillent, émerveillent, mettent le feu... Explication : « Dans un vignoble septentrional comme l’Alsace, on vendange plus tard et les fermentations sont faites avec des températures plus basses. La présence de gaz carbonique qui en résulte fait partie intégrante de certains vins d’Alsace, en opposition au style bordelais ou aux vins en barrique. En deux ans, le gaz carbonique s’évanouit et se fond dans la matière, ce qui donne au vin une originalité. Le vigneron qui sait trouver le bel équilibre émerveillera le dégustateur », promet Charles Brand.

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