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Terroir du Rosenberg.

Un berceau pour tous les cépages alsaciens

Il n’y a pas d’égalité face aux terroirs. Certaines communes ont la chance de disposer sur leur ban, ou bien dans le voisinage immédiat, de nombreux sites viticoles remarquables. Wettolsheim en fait partie. Le village ne compte pas parmi les stars touristiques des alentours de Colmar; les raisons d’une visite sur place sont essentiellement viniques.

Dès les dernières maisons du lotissement franchies, les curieux pourront arpenter les pentes du Rosenberg, terroir de Wettolsheim qui prolonge le Grand Cru Pfersigberg. Le cadastre précise que le dénominateur de ce coteau ne représente qu’une part des 60 ha que les vignerons d’ici défendent comme un futur Cru répondant aux critères des appellations intermédiaires. C’est dans un souci de simplicité que le vocable Rosenberg a été appliqué à l’ensemble du site, répondant à des caractéristiques communes. « L’orientation du coteau, vers l’est, ne lui donne pas la possibilité d’être un Grand Cru. Le sol à dominante argilo-calcaire, laisse affleurer la roche sur la partie supérieure. Ailleurs, la terre est plus profonde et nous constatons que même en période sèche, la vigne ne souffre pas », précisent les vignerons de Wettolsheim. Une chance probablement due à la présence de sources souterraines.

Le Rosenberg ne s’appuie pas sur une histoire ancestrale, contrairement au Steingrubler, autre Grand Cru local. « La mise en valeur des terroirs est relativement récente. La nouvelle génération de vignerons s’en préoccupe plus qu’avant. C’est dans les années 80 que nous avons constaté que les vins issus de ce coteau présentaient manifestement des caractères communs, notamment une approche plus immédiate que les Grands Crus, des arômes exotiques et une minéralité très présente après quelques années », soulignent les vignerons de Wettolsheim.

L’effet terroir ou la dominante variétale ?
Grâce à cette exubérance, les vins du Rosenberg peuvent représenter une porte d’entrée aux Grands Crus : « Les clients n’apprécient pas nécessairement la personnalité très marquée des Grands Crus. La profondeur des arômes est parfois déroutante. Souvent, l’accès plus facile du Rosenberg est capable de séduire nos clients ». Une séduction rendue plus aisée encore par la présence souvent significative de sucres résiduels, sur un terroir où le botrytis autorise fréquemment la réalisation de cuvées moelleuses voire liquoreuses. Cela n’empêche pas certains domaines d’élaborer sur le Rosenberg des Riesling ou des Pinots Blanc parfaitement secs.

« Tous les vignerons ne travaillent pas avec le même esprit. Heureusement, nos propres caractères se retrouvent dans nos vins. Le Rosenberg imprime sa marque, l’esprit de chacun fait le reste », disent les vignerons de Wettolsheim. Où l’on sait bien que chaque metteur en marché avance à sa propre vitesse et que tous ne sont pas prêts à se lancer dans la logique des vins de terroir, qui impose certains efforts comme la diminution nette des rendements. Avec 11 déclarations de récolte et donc environ autant de revendications du Rosenberg sur différentes étiquettes de bouteilles, la surface actuellement travaillée comme un terroir à part demeure relativement modeste. Le corollaire réside dans l’homogénéité de la démarche vinique menée par les vignerons, soucieux d’élaborer des crus laissant la part belle à la marque du Rosenberg.

A Wettolsheim comme ailleurs, restent des questions à résoudre. Par exemple, l’effet terroir doit-il dominer, ou bien la dimension variétale doit-elle prendre le pas ? « Un Riesling doit d’abord sentir le Riesling », estime l’un des vignerons. A quoi l’un de ses collègues répond que si l’on fait un vin de terroir, c’est bien pour que le terroir domine ». Format Raisin s’est fréquemment fait l’écho de ce débat, qui n’occulte pas une réalité commune : les bouteilles étiquetées Rosenberg sont bel et bien issues d’un terroir imprimant sa marque. Logique, pour des vignerons dont plusieurs travaillent en « bio », et qui attachent une importance considérable au respect de l’environnement en général, des terroirs en particulier. A noter aussi une autre tendance forte, bien retraduite par les Rosenberg, avec les vinifications longues, effectuées sur lies, les fermentations malo-lactiques sont monnaie courante. « Moins nous intervenons sur les vins, meilleurs ils seront », indiquent les vignerons.

Cadeau des dieux, le Rosenberg ? Coteau où la vigne ne souffre pas, où s’épanouissent généreusement tous les cépages, qui donne des vins secs ou moelleux, pleins de rondeur et marqués par des acidités souvent très importantes, ce futur « Premier Cru » devra pourtant passer sous les fourches caudines de la réglementation en préparation. Malgré l’atout de la gestion locale, il faudra éliminer de l’appellation les cépages les moins travaillés. Pinot Blanc, Sylvaner, Muscat du Rosenberg pourraient bien n’être que de futurs souvenirs… Ce que les vignerons du cru ont bien du mal à admettre.

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