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Terroir du Westerberg.

Le Westerberg incarne aisément l’image que l’on se fait d’un site favorable à la vigne. Sa silhouette nettement découpée, à l’orientation perpendiculaire à l’axe majeur du massif vosgien le rend repérable à des kilomètres à la ronde. Avec son inclinaison sans équivoque, s’adoucissant dans sa partie inférieure, le Westerberg aurait bien pu revendiquer le statut de grand cru.
Désormais, c’est sur le terrain des lieux-dits que l’on nommera peut-être premier cru que les vignerons veulent imposer leur Westerberg. Issus de Rosheim et de Rosenwiller pour l’essentiel, les praticiens de ce coteau qui s’étend sur ces deux communes savent bien que les trains des grands crus sont passés à une époque où rares étaient ceux qui croyaient à la bonne étoile de ces pentes. Il n’y avait plus guère que quelques négociants bien inspirés à suivre de près les raisins naissant sur ce contrefort vosgien. Notamment les rieslings dont l’acidité ont fait les beaux jours de bien des cuvées moins richement dotées en la matière.

Pourtant, au XIIè siècle, les vins du Westerberg bénéficiaient d’une cote très élevées sur les meilleures tables de Strasbourg. Ce coteau argilo-calcaire sur lequel on retrouve des fossiles de coquillage, orienté plein sud, a laissé en souvenir des sylvaners plus que quadragénaires dans les caves d’heureux élus. Ce même cépage s’y épanouit en finesse et en intensité au fil d’un travail patient réalisé par les passionnés du lieu qui y croient dur comme fer. « Les vins du Westerberg se caractérisent par la fraîcheur qu’ils conservent en fin de bouche, avec des notes citronnées, même sur des cuvées très riches en gewurztraminer. Et les rieslings minéralisent rapidement », confie Nicolas Einhart (Rosenwiller). Fortement planté en sylvaner, le Westerberg affiche aussi ses spécificités sur le gewurztraminer, le riesling ou le pinot noir. Certains versants du coteau, au sol légèrement différent, peuvent offrir de beaux terroirs à pinot gris.

C’est une soixantaine d’hectares qui sont actuellement concernés par le dossier défendu par des vignerons de Rosenwiller et de Rosheim. Comme pour bien d’autres lieux-dits, dont le Bildstœcklé (lire par ailleurs), les commissions de délimitations trouveront peut-être à redire aux propositions de découpages. A l’heure où l’on s’enthousiasme autour des vertus de ces coteaux, leur découpage demande un travail non encore achevé. Mais si l’on doit rechercher sur le Westerberg des critères discriminant, ce sera peut-être dans le taux d’humus élevé dans le sol, souvenir de pratiques culturales douces développées ici pendant des décennies. Et aussi, une difficulté à faire pousser l’herbe sur un coteau surchauffé par le soleil qui a évité les excès de désherbage qui ont fait tant de mal aux sols. Autre caractéristique, le Westerberg a su échapper aux appétits des défricheurs, conservant quelques bosquets qui lui valent à la fois une allure naturelle et un éco-système préservé. Des atouts que l’on a malheureusement pas su conserver dans bien d’autres lieux.

En attendant que l’INAO se penche sur la question de la classification de ces lieux-dits et que l’on connaisse les règles du jeu viticole, le Westerberg s’annonce prêt à reprendre son aura ancestrale. « C’est à nous de jouer, dans les vignes. Puis, à nous de créer aussi des modèles de dégustation », souligne Philippe Meyer (domaine Kumpf-Meyer, de Rosheim) ». C’est l’une des vertus du retour aux sources de la viticulture de terroirs en Alsace. C’est aux femmes et aux hommes de chaque lieu-dit de se réapproprier les méthodes et les ambitions pour les vins d’un sol prometteur.

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