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2006 : Réhabilitation en marche pour un millésime séduisant

Vigneron d'Alsace(s) le nouveau magazine édité par les vignerons indépendants d'Alsace... Cette rubrique reprend les derniers dossiers abordés dans Vigneron d'Alsace(s), vous y trouverez également la liste des vignerons indépendants cités dans le magazine.

Ceux qui ont dégusté, dans les caves, les vins du millésime 2006, ont découvert avec ravissement des cuvées très expressives, d’un équilibre souvent remarquable entre la puissance et l’acidité. Sans compter pléthore de grandes futures Vendanges Tardives et Sélections de Grains Nobles. Rien à voir avec la chronique du désastre annoncé, parfois complaisamment relayée par certains qui ne supportent pas que les vignerons indépendants d¹Alsace sachent tirer leur épingle du jeu même quand c’est difficile. Voici des clés pour comprendre ce millésime.

Il est commode de critiquer les medias, de les désigner coupables de la diffusion de nouvelles exagérées quand elles ne sont pas carrément inexactes. Vigneron d’Alsace(s) fait ici comme d’habitude dans la mesure et évite de crier au loup. Mais quand même : jusqu’en Pologne ou plus grave encore aux Etats-Unis, on a lu, entendu ou vu des reportages annonçant que la vendange 2006 en Alsace était fichue, que les vignerons rentraient sous les déluges des raisins en piètre état, avec gros plans de machines manœuvrées par des émules du capitaine Haddock en pleine tempête arctique. Sapristi! Cet intérêt soudain pour le vignoble alsacien, pour le flinguer soit dit en passant, ne se serait pas manifesté de la même manière si les journalistes n’avaient pas trouvé tant d’interlocuteurs désespérés, confirmant la catastrophe en cours. Remettons les choses à leur place :
-­ Oui, les derniers jours de septembre et les tous premiers d’octobre ont vu des précipitations exceptionnelles en volume, en date et en importance.
-­ Oui, sur de nombreuses parcelles, on a constaté des attaques parfois spectaculaires de pourriture grise.
-­ Oui, nombreux sont les vignerons qui se sont vu contraints de modifier leur calendrier de vendanges pour s’adapter à cette donne.
-­ Oui, nombreux sont les vignerons indépendants qui contestent la rigidité des dates d’ouverture des vendanges, qui ne tiennent compte ni des aléas climatiques ni de la charge de travail des vignerons en cette période difficile de l’année.
Cela dit, les vignerons indépendants n’étant ni ignares ni incapables de s’adapter, ont fait face. Ils ont notamment usé d’une pratique salutaire, le tri, ce qui explique que le vignoble alsacien a connu un rendement nettement plus faible que d’habitude. Tout en conservant un niveau de qualité extrêmement intéressant, d’autant que nombreux sont ceux qui ont rentré des matières de très haut niveau. A tel point d’ailleurs que plusieurs vignerons disposent d’une proportion très élevée de cuvées de type Vendanges Tardives.
Avis aux amateurs, il y aura des moelleux et liquoreux sensationnels en 2006 en Alsace!

L’effet millésime, c’est quoi? Le climat 2006

La technologie et les pratiques oenologiques abusives ont fini par donner l’impression que d’année en année, les vins peuvent se ressembler comme deux gouttes d’eau. Pourtant, la notion d’effet millésime existe bel et bien. Les praticiens de la vigne disposent d’une expérience très longue de l¹évolution de la plante, selon le terroir où il se trouve. Les différentes phases de croissance sont bien connues, même si elles diffèrent selon que la vigne se trouve en plaine, au milieu d’un coteau à l¹exposition plein sud ou sur une vigne à 500 m d’altitude. La nature des sols exerce également une influence tout comme le mode de conduite des raisins : une vigne poussée artificiellement aux engrais, désherbée et aux défenses naturelles inhibées par les composants chimiques se défend souvent fort peu dans les conditions difficiles. Même si ce n’est pas une règle absolue, on a vu en 2006 de nombreux vignerons « bio » limiter la casse.
Quant à l’influence directe du climat, l’année 2006 représente un archétype très intéressant à observer. Le début de l’année fut marqué par un hiver rigoureux, avec de très longues périodes de gel, des chutes de neige fréquentes et tenaces, tandis qu¹avril et mai n’ont eu de printemps que le nom! « Certains se demandaient même si la vigne allait produire du raisin », se souvient un vigneron de Kientzheim !
Le temps changeait du tout au tout en juin et juillet, qui ont été caractérisés par une sécheresse et une canicule supérieure aux valeurs de 2003, en plus court. Le mois d’août calmait le jeu, avec notamment des températures basses pour la saison, suivi par un début septembre « idéal pour la poursuite de la maturation, les contrôles laissant apparaître la perspective d’un millésime de belle maturité et d’un grand équilibre », selon le Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (CIVA). Ce sont les pluies qui ont démarré le 24 septembre et qui ont concerné quasiment la totalité du vignoble qui ont perturbé ces perspectives, sans pour autant tout anéantir en huit jours.
La conséquence directe des pluies mêlées à des températures élevées aura été de favoriser le développement de pourriture sur les baies abîmées par les averses. Cette attaque parfois foudroyante a engendré des inquiétudes qui ont conduit à parfois vendanger dans l’urgence.

VT et SGN d’exception

Tous les raisins n’ont pas été rentrés précipitamment dans les pressoirs. Au contraire. Bien des domaines viticoles ont conservé des raisins sur pieds, après les pluies. Bien leur en a pris puisque le mois d¹octobre leur a réservé un temps plus clément. Partant d’une base de haut niveau, les baies plus solides, comme le Gewurztraminer ont atteint des niveaux de maturité exceptionnels. On trouve aussi des Riesling en sur maturité d’une pureté remarquable. « J’ai tant de Vendanges Tardives et Sélections de Grains Nobles potentielles en cave qu¹il faudra adopter une stratégie commerciale bien spécifique », avoue un vigneron de Mittelbergheim.
Avec ou sans volumes, des dizaines d’autres vignerons indépendants annoncent avoir obtenu des cuvées mêlant degrés oechslé très élevés, acidités records, densités rares. À la dégustation dans les caves, le commentaire reste le même : ces vins ont la matière et l’étoffe de cuvées de très longue garde.

Dans les caves - La récolte 2006

02_23_VENDANGES_H_RING_003_copie.jpgIl sera difficile de critiquer l'Alsace pour ses rendements 2006. Avec une production globale de 1 082 M d’hl, on obtient un rendement moyen à peine supérieur à 70 hl/ha, loin des 80 autorisés, ce qui reste modéré compte tenu du mode de conduite des vignes et des cépages alsaciens. Ces résultats sont évidemment à considérer avec prudence tant ils peuvent témoigner de résultats bien plus contrastés : si certains domaines viticoles atteignent péniblement 60 hl/ha de rendement sur toute la surface, d’autres producteurs ont atteint le plafond autorisé. En 2006, 15 300 ha ont été vendangés.
En regardant quelques détails, on découvre que le Sylvaner poursuit sa chute en passant sous la barre des 10 % du vignoble alors que le Pinot Blanc ­ effet Crémant oblige ­ est désormais le n° 1 avec près d’un quart de la production, devant le Riesling. À noter aussi le Pinot Gris, qui poursuit sa montée vers les sommets. Est-ce l’effet de l’abandon définitif du terme « tokay », toujours est-il que nombreux sont les vignerons qui constatent un regain d¹intérêt de la clientèle française pour ce cépage. On observe aussi que comme chaque année depuis au moins une décennie et contrairement aux idées reçues, il n’existe aucun écart significatif entre les rendements pratiqués dans chacun des deux départements alsaciens.

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Extraits de notre magazine "Vigneron d'Alsace(s)"

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