Acces Membres
E-mail :
Mot de passe :

A la découverte du Gewurztraminer (suite)

Vigneron d'Alsace(s) le nouveau magazine édité par les vignerons indépendants d'Alsace... Cette rubrique reprend les derniers dossiers abordés dans Vigneron d'Alsace(s), vous y trouverez également la liste des vignerons indépendants cités dans le magazine.

Des idées cuisine
« Épais et riche le vin est capable de vieillir. Le Gewurztraminer est meilleur avec les plats alsaciens comme la choucroute, les saucisses et le fromage de Munster. Il est aussi un bon choix pour des plats au curry, de la cuisine chinoise ou mexicaine et en général les plats épicés. Le Gewurztraminer peut aussi se servir au dessert. », nous apprend Wikipedia, l’outil de documentation en vogue sur l’Internet. La synthèse n’est pas mauvaise, reste à remplir les cases avec plus de finesse. On sait que ces vins s’accordent avec des fromages aux goûts prononcés (Munster), des poissons grillés ou en sauce, et accompagnent merveilleusement la cuisine asiatique ou indienne, notamment si elle est à base de lait de coco, de gingembre, etc.  « Les vignerons indépendants d’Alsace auront plutôt tendance à proposer d’autres vins que le Gewurztraminer pour accompagner une choucroute, notamment des Riesling, Pinot Blanc, etc. Reste que notamment à Paris, associer Gewurztraminer et choucroute représente une option courante, et appréciée de bien des consommateurs. De même en Bretagne, où j’ai de nombreux clients qui achètent le Gewurztraminer pour accompagner les plateaux de fruits de mer », confie un vigneron de Barr. Au domaine Hurst (Turckheim), on évoque un fameux dîner à la Bleue Maison (Habay la Neuve, Belgique), lors des soirées « plats très canaille », où notre héros se mariait avec un Munster chaud au lard fermier, ou une salade fraîche aux agrumes et au cumin. Et d’évoquer aussi des St Jacques à la nage au vinaigre balsamique sur lit de coing. Chez Pfister (Dahlenheim), on aime bien marier les Gewurztraminer maison avec tout ce qui est fumé, les poissons en tête. « Nous recherchons dans nos vins la puissance des goûts donnés par l’extrait sec mais pas le côté sucré », confie Mélanie Pfister. « Avec l’évolution, la minéralité ressort et les notes aériennes du vin s’affirment. Cet équilibre autorise de nombreuses solutions gastronomiques », estime-t-elle. Cette finesse et la profondeur des arômes du Silberberg et du Grand Cru sont saluées aussi bien par Serge Dubs (Auberge de l’Ill) dans son ouvrage sur les Grands Crus d’Alsace et que par le Cheval Blanc (Lembach) qui sert les vins du domaine Pfister.  Un autre vigneron évoque l’accompagnement de homards, de crustacés, dès lors qu’ils sont travaillés avec des épices, du curry notamment, comme les grosses crevettes sautées à la balinaise de chez Brendel, à Riquewihr. « Des Gewurztraminer nés sur des terroirs notamment marqués par le calcaire offrent des possibilités d’alliance avec des viandes et des poissons grillés, grâce à leurs arômes d’épices, mentholés, etc. ». Dans ces vins, le sucre ou les arômes basiques de litchi s’estompent au profit d’un style plus raffiné, plus équilibré, ou le sucre n’est pas l’élément dominant. « Sur le Grand Cru Sonnenglanz (Beblenheim), le côté salin équilibre les goûts sucrés », considère Christophe Bott-Geyl. « C’est un exhausteur de goût qui confère aux vins de la classe, un certain raffinement ».  Et voici encore quelques autres idées, cueillies ici où là, pour accompagner la dégustation d’un Gewurztraminer issu d’un terroir : pot-au-feu de foies de volailles et légumes, anchois à l’huile d’olive et persil, saumon fumé, fenouil confit. Liste en cours…  

Traminer épicé, d’où viens tu ?
Le traminer est un cépage millénaire, originaire de Tramine, cité viticole du Haut-Adige, qui fut Tyrol Autrichien avant de devenir Italien. Son arrivée en Alsace est certifiée au xvie siècle, peut-être même au siècle précédent par la grâce des Habsbourg, famille régnant alors également sur l’Alsace à cette époque ; un traité de 1551 le désigne comme un cépage alsacien.
Du traminer, ont dérivé deux souches. L’une a donné le savagnin rose, qui a trouvé dans le Jura une terre de prédilection mais qui s’épanouit encore en Alsace sous le nom de Klevner de Heiligenstein. L’autre souche est devenue le Gewurztraminer alsacien. Au xixe siècle, des sélections ont fait évoluer les ceps vers un type de raisins très musqués, aux arômes d’ailleurs bien plus complexe que la seule notion d’épices liée au nom : Gewurz, en Allemand, signifie épices.  Luxembourg, Allemagne, Autriche, Suisse, la plupart des pays de l’Est, Espagne, Californie, Afrique du Sud, Australie, Nouvelle-Zélande le produisent mais l’Alsace conserve en la matière une belle avance !   

Des arômes à la pelle
Liste à la Prévert ou à la Boris Vian? Voici une ébauche –presque une débauche– d’arômes repérés dans les dégustations effectuées pour ce dossier ou repérées dans d’autres ouvrages. Disons le tout de suite, il n’y manque que le raton laveur et la tourniquette à faire la vinaigrette (*). L’INRA a en tout cas identifié plus de 150 arômes différents, en voici une simple tranche ! Rose. Litchi. Epices. Réglisse. Menthe. Fleurs de printemps. Jasmin. Curry. Poivre. Paprika. Clou de girofle. Calissons. Pâte de fruits. Safran. Tourbe. Fumé. Cire. Herbes aromatiques. Fruits mûrs. Agrumes. Pamplemousse. Cannelle. Acacia. Musc. (*) Amis lecteurs, si vous avez d’autres pistes pour qualifier le Gewurztraminer, n’hésitez pas!

Le Gewurztraminer est-il aphrodisiaque ?
Cette question un peu coquine peut tenir de la boutade… ou pas! Tout est affaire de comportement individuel, finalement. Elle requiert en tout cas de l’humour ; une chose est sûre, c’est que les Gewurztraminer de terroir font apparaître des arômes d’épices réputées influencer l’érotisme. Et ces vins se marient à merveille avec une cuisine laissant la part belle au gingembre, dont les vertus sont renommées en la matière. C’est même l’un des rares types de vins à favoriser la dégustation de cette cuisine-là. On peut ensuite allègrement franchir le pas et considérer dans la foulée que le Gewurztraminer est aphrodisiaque. Autre certitude, le vin –consommé dans l’intelligence– restera à jamais la boisson ouvrant à l’amour et à la connaissance, de soi et des autres. Alors… tout devient possible.

Saint-Valentin
Vous l’avez déjà lu dans nos colonnes, le Syndicat des vignerons indépendants d’Alsace (Synvira) organise une opération promotionnelle à la Saint-Valentin, en partenariat avec les restaurateurs. Il s’agit d’offrir une bouteille de 37,5 cl aux couples venus dîner ce soir-là dans l’un des établissements partenaires. C’est le fameux « bouquet de rose » offert par les vignerons indépendants aux amoureux d’un soir ou d’une vie. Il s’agit bien sûr là de magnifier les caractères des Gewurztraminer exprimant leur cépage et leur jeunesse, ouvrant sur le désir de connaître d’autres voluptés… grâce aux contacts ainsi noués entre des consommateurs et des vignerons indépendants, qui feront déguster leurs vins issus de terroirs. 

Et les vieux millésimes ? 
Comme souvent, un débat se fait jour à propos de l’opportunité de boire les Alsace dans leur prime jeunesse ou de bénéficier de leur évolution. Pas question d’imposer une logique contre une autre, d’autant que certains vins affichent leur séduction sincère très vite. On peut quand même inciter à laisser évoluer certains vins tant les trouvailles sont nombreuses. Exemples. Au domaine Armand Hurst (Turckheim), le Grand Cru Brand 1991 aux notes épicées (poivre, safran) affiche une minéralité certes déjà présente dans les millésimes plus récents, mais qui éclate désormais au grand jour. D’autant que ce domaine insiste traditionnellement sur le faible taux de sucre résiduel dans ses vins (souvent moins de 10 grammes). Chez Pfister, le Grand Cru Engelberg 2000 est devenu incroyablement expressif, avec un nez riche et charmant, des notes de fruits très mûrs en bouche, une grande rondeur malgré la quasi-absence de sucres, le tout en élégance. Autre dégustation, au domaine Kumpf et Meyer (Rosheim), le Grand Cru Bruderthal 1996 est un vin complexe, au nez puissant, à la bouche marquée par des herbes aromatiques, pas forcément des plus séducteurs mais extrêmement satisfaisant, surtout dans une perspective gastronomique. Le Westerberg (coteau de Rosenwiller) 1997 ou le Bruderthal 2000 et 2001 confirment ces sensations : beaux arômes de fruits mûrs, une bouche riche et ample, la combinaison d’arômes floraux et de fruits bien mûrs, une structure acide qui donne des côtés aériens en bouche : encore de beaux exemples de vins au fort potentiel gastronomique.

News
Extraits de notre magazine "Vigneron d'Alsace(s)"

Les crémants d'Alsace
la suite

Dossier Millésimes
la suite
Vignerons indépendants
de France


Site partenaire

Création du site Internet : SOLUXA

Haut de page
Facebook Widget