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À la découverte du Gewurztraminer

Vigneron d'Alsace(s) le nouveau magazine édité par les vignerons indépendants d'Alsace... Cette rubrique reprend les derniers dossiers abordés dans Vigneron d'Alsace(s), vous y trouverez également la liste des vignerons indépendants cités dans le magazine.

Si l’on croit guides et ouvrages spécialisés, le Gewurztraminer représente un authentique morceau d’Alsace. Avec de vrais fruits dedans, comme dirait la pub. Vous lirez par ailleurs quelques extraits choisis de quelques ouvrages de référence, pour constater que, comme souvent, ce que l’on croit connaître à la perfection recèle des zones d’ombre à éclairer dès que possible. Nous consacrons quatre pages de notre magazine à la découverte de ce pilier de l’Alsace viticole et de ses facettes les moins connues, notamment les vins issus de terroirs et des millésimes plus anciens.
Le Gewurztraminer est passionnant parce qu’il révèle pleinement la sensibilité, voire la sensualité du vigneron ». Ceci dit, Philippe Blanck (Kientzheim), n’en mésestime pas pour autant les autres facteurs qui déterminent les caractéristiques propres aux différents types de Gewurztraminer, les terroirs et l’expression née de la notion de millésime. « Ce cépage typique de l’Alsace s’est trouvé progressivement enfermé dans une logique restrictive. On a privilégié ses arômes de rose et de litchi en oubliant tout ce qui fait sa richesse, c’est-à-dire une palette aromatique immense. Mais aujourd’hui, les amateurs apprécient ce cépage en Amérique du Sud, en Asie, aux États-Unis bien sûr, et aussi un peu partout en Europe », commente le vigneron.  De quoi ouvrir de nouveaux horizons ? En fait, les liaisons gastronomiques existant entre le Gewurztraminer et les cuisines des plus variées sont repérées depuis longtemps. Les livres de recettes fourmillent de pistes mêlant cet emblème de la viticulture alsacienne avec des plats exotiques épicés. Avec la mode de la cuisine du monde, cuisine fusion et autres tendances, la liste des possibilités de mariage est immense : encore faut-il y penser ! Il faut également fixer un cadre : dans notre enquête, nous avons privilégié la découverte des vins issus de terroirs, notamment des Grands Crus. C’est en effet grâce à la minéralité que les Gewurztraminer révèlent tant d’arômes et souvent, tant de finesse, propices à des mariages gastronomiques les plus variés. Mieux, au cours des dégustations, preuve a été faite qu’en vieillissant, ces vins nés sur des sols où le calcaire a souvent son mot à dire gagnent en complexité, en élégance. Jusqu’à devenir parfois sublimes.  Reste que le Gewurztraminer recèle de nombreuses facettes, que certains vignerons n’hésitent pas à décrire avec un langage fleuri. Ainsi, on évoque tantôt comme contre-exemple des « vrais » vins, « des Gewurztraminer qui paraissent flatteurs de prime abord avant de se dégonfler, faute de matière et d’extrait sec ». Ces mêmes vins maquillés sont aussi comparés « à des seins silicones ». Isabelle Meyer (maison Josmeyer, Wintzenheim), n’hésite pas à considérer l’un des Gewurztraminer du domaine comme « caractériel ». Jacky Barthelmé, du domaine Mann (Wettolsheim), n’hésite pas à décrire ses Grands Crus Steingrubler comme ayant « les épaules carrées, comme un joueur de football américain, tandis que le Furstentum (Kientzheim) ressemble à un gentleman britannique ».

Plusieurs portes d’entrée
Il y a mille chemins pour entrer en contact avec le Gewurztraminer. Une analyse statistique et économique, d’abord, qui fait constater que ce cépage représente un peu moins de vingt pour cent des vignes implantées en Alsace. Une approche gustative aussi, à la suite des maîtres à penser du monde viticole, qui valorisent à l’unisson les caractéristiques flatteuses de ces vins. On peut aussi quitter les sentiers battus et oser découvrir les millésimes anciens et les terroirs inoubliables où naissent des Gewurztraminer – Presque – immortels. Les « happy fews » qui ont dégusté le nectar 1921 du Kirchberg de Barr, éclatant de santé dans sa robe safran, emporteront ce souvenir dans l’au-delà. Qui a donc posé comme dogme que les Alsace devaient toujours être bus dans leur prime jeunesse ? Certes, certains d’entre eux se révèlent à l’aube de leur parcours en bouteille. Mais combien d’autres apparaissent tels qu’ils doivent être qu’au fil d’une patiente attente de quinze, vingt ans ou bien plus ? Autre idée reçue qui a circulé un temps, selon laquelle la marque du terroir ne s’imposait qu’avec discrétion sur le Gewurztraminer, contrairement au Riesling, renommé pour sa capacité à magnifier les terroirs dont il est originaire. Les dégustations auxquelles nous vous invitons prouvent le contraire, par exemple les Grands Crus Steingrubler (Wettolsheim) dont les 1998 et les 1995 prennent actuellement leur envol complet, donnant une idée des sommets qu’atteindront leurs cadets dans quelques temps.   

Des terroirs à Gewurztraminer
Attention, idée reçue : ceux qui estiment que le Gewurztraminer impose sa domination variétale au terroir passent à côté de réalités bien différentes. En effet, certains terroirs impriment à ces vins des marques et des typicités très éloignées des seules notions de rose et de litchi (pas fausses d’ailleurs, mais bien insuffisantes à décrire les mille et une facettes aromatiques des Gewurztraminer issus des meilleurs terroirs). Dans son ouvrage Les Grands Crus d’Alsace (éd. Serpenoise), Serge Dubs signale 20 des 50 Grands Crus d’Alsace (c’était avant la reconnaissance du Kaefferkopf comme 51e Grand Cru) comme étant particulièrement propices aux Gewurztra miner(*). Le point commun entre ces Grands Crus réside dans la présence, dominante ou non, de calcaire pour 14 d’entre eux, On en trouve encore 4 autres, où l’on trouve du grès dans leur sol. Restent des marnes, que l’on retrouve dans la composition de 18 de ces vingt terroirs ! Certes, il existe d’autres lieux-dits dont le sous-sol est composé différemment, permettant l’épanouissement du Gewurztraminer. Reste une tendance globale, repérée par le meilleur sommelier du monde 1989. De quoi tracer son chemin dans les vins de terroirs alsaciens. À relever encore la précision apportée par Christophe Bott-Geyl (Beblenheim) qui rappelle une évidence toujours bonne à redire : « Qu’est-ce qui fait que le terroir se révèle ? D’abord, des rendements faibles. Sur le Sonnenglanz, si l’on veut obtenir de belles maturités, il ne faut pas dépasser 30 à 45 hl/ha. Le caractère d’un terroir, c’est la complexité que l’on retrouve sur un endroit et pas ailleurs. Avec un pressurage très lent et progressif, en bannissant l’usage de la pharmacopée dans les caves, on donne toutes ses chances à l’harmonie qui révèle la minéralité du vin ».   

 
(*) Dans l’ordre alphabétique : Altenberg de Bergbieten, Altenberg de Bergheim, Bruderthal, Florimont, Furstentum, Goldert, Hatschbourg, Hengst, Kessler, Kirchberg de Barr, Mambourg, Mandelberg, Marckrain, Pfersigberg, Sonnenglanz, Spiegel, Sporen, Steinklotz Vorbourg et Zinnkœpflé. 

Lectures choisies

Bernard Burtschy, dans La Revue du Vin de France (mai 2007)
« Le Gewurztraminer est le grand cépage d’initiation aux vins d’Alsace. Sa robe jaune, ses arômes exubérants, sa souplesse et sa rondeur en bouche lui assurent un succès facile (…) Nombreux sont ceux qui, après s’être initiés aux vins d’Alsace avec le Gewurztraminer, le rejettent au motif qu’il serait trop facile. Pourtant, ce cépage vieillit remarquablement, exprimant sur le tard la complexité de ses arômes (…) Il faut souvent dix ans pour qu’il s’exprime sur un grand terroir ».

Le Guide Hachette des Vins 2007
« (…) le Gewurztraminer atteint [en Alsace] un optimum de qualité. Ce qui lui a conféré une réputation unique dans la viticulture mondiale. Son vin est corsé, bien charpenté et en général sec mais parfois mœlleux, et caractérisé par un bouquet merveilleux (…) »

La Route des Vins, collection dirigée par Hugh Johnson et Hubrecht Duijker, éd. Flammarion.
« Il suffit de l’avoir goûté une fois pour ne plus l’oublier. Le Gewurztraminer est un cépage charmeur et opulent, doté d’arômes voluptueux et épicés en harmonie avec son nom (…) Cette puissance aromatique est cependant équilibrée par une bonne acidité et un goût sec, et il vieillit remarquablement bien ».

Le grand livre des vins d’Alsace, Michel Mastrojanni, éd. Solar
« Le Gewurztraminer provient d’une sélection particulièrement épicée, réalisée à la fin du xixe siècle, du traminer, présent en Alsace depuis le xvie siècle. Avec ses grains rougeoyants, c’est un cépage au débourrement précoce (…) et à la maturité tôt atteinte (…) Particulièrement adapté au terroir alsacien, il donne un vin exceptionnellement aromatique riche et alcooleux, surtout en année chaude ».

Les Grands Crus d’Alsace, Serge Dubs (éd. Serpenoise)
« (…) Il est le plus charmeur et le plus accessible des vins d’Alsace. De couleur intense, profonde, il peut aller jusqu’au doré avec quelques années de vieillissement. Ce vin est charpenté, sec ou mœlleux selon le millésime et l’origine. C’est du velours sur le palais. Il se garde bien (…) »

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