Acces Membres
E-mail :
Mot de passe :

Des lieux-dits et des cuvées spéciales

Vigneron d'Alsace(s) le nouveau magazine édité par les vignerons indépendants d'Alsace... Cette rubrique reprend les derniers dossiers abordés dans Vigneron d'Alsace(s), vous y trouverez également la liste des vignerons indépendants cités dans le magazine.

Dans notre précédent article, nous avons entamé un tour d’horizon destiné à présenter le monde des effervescents d’Alsace.
Voici la suite de la visite des lieux, de la découverte du leader incontesté des Crémant de France, où nous abordons l’influence des millésimes, des terroirs et des cépages. Des dimensions sur lesquelles la communauté des élaborateurs de Crémant d’Alsace travaille d’arrache-pied.

05_02_01_BOUTEILLES__CAPSULES_BOUCHONS_006_copie.jpgPour élaborer un Crémant, il faut d’abord faire du vin. Tautologie, direz-vous : certes, mais cette vérité reste bonne à redire tant certains imaginent que, dans les bouteilles d’effervescents, la technologie occupe une place si prépondérante qu’elle finit par masquer tout ce qui compose et caractérise le vin de base. Cela peut être vrai dans certaines cuvées de Crémant, de champagnes et surtout de mousseux. Pourtant, un nombre considérable de cuvées de Crémant d’Alsace mérite que l’on s’y attarde, histoire de tordre le cou aux idées toutes faites, et de découvrir les millésimes et des lieux-dits mis en valeur pour leurs capacités à faire naître des raisins très appropriés aux effervescents. « Nous maîtrisons de mieux en mieux la technologie. Cela nous permet de nous consacrer à la créativité sur les vins », confie Jean-Jacques Muller (Traenheim). Il suffit pour s’en convaincre de constater la multiplication des cuvées proposées dans les caves pour s’apercevoir de cet état de fait. « On trouve désormais couramment trois, voire quatre ou cinq Crémant différents. On met en valeur tantôt le cépage, tantôt un millésime », souligne Olivier Sohler, secrétaire général du syndicat des producteurs de Crémant d’Alsace.  Pour l’heure, c’est « l’effet cépage » qui est mis en avant : Riesling, Pinot Gris ou Noir, Chardonnay et bien-sûr le roi Pinot Blanc sont traités séparément ou avec la recherche de la richesse, la maturité, les caractéristiques conférées à tel cépage par un coteau particulier. « La multiplication des cuvées répond aussi au souhait de satisfaire les exigences de la clientele », poursuit Olivier Sohler.  Entre la vivacité d’un Crémant Riesling, les saveurs complexes d’un Pinot Gris, la rondeur d’un Blanc de Noir, l’acidulé d’un Rosé, la plénitude d’un Chardonnay et toutes les variantes possibles autour du Pinot Blanc, les vignerons d’Alsace offrent une gamme de saveurs étonnantes.

Terroir et millésime Pas encore sur les étiquettes

S’il est un terrain sur lequel la comparaison Champagne-Crémant joue en faveur des premiers, c’est bien celui des notions de terroir et de millésime. Logique : « Les Champenois disposent de siècles d’expérience. Cette antériorité leur a permis de travailler très précisément les adéquations entre les terroirs et les cépages et de se rapprocher au mieux des effets millésimes, qui peuvent favoriser l’émergence de cuvées de longue garde et d’une grande finesse aromatique », commente un vigneron du Vignoble de Strasbourg. Coup de chapeau donc aux champenois, mais où en est l’Alsace ? Un constat, d’ordre général : le nombre de bouteilles de Crémant d’Alsace affichant le millésime reste confidentiel. Faute de statistiques, on observera qu’en Champagne, c’est exactement la même chose. À force d’entendre James Bond commander des bouteilles de grandes années, on finit par penser que toute la production champe-noise affiche son année de naissance, mais c’est loin d’être le cas ! Qu’importe, sur ce terrain, les Alsaciens font encore preuve d’une modestie toute… alsacienne. Au domaine Luc Faller (Itterswiller), on vendait voici encore peu de temps des Crémant 1997. Mais sans mention sur l’étiquette. On peut multiplier ce type d’exemple qui prouvent qu’il existe une recherche sur l’effet millésime. « Nous privilégions le vieillissement de nos cuvées grâce à un travail spécifique qui commence évidemment avec l’élaboration des vins de base », confie-t-on au domaine Gsell (Orschwihr). « L’essentiel est de trouver les meilleurs équilibres entre l’acidité, les sucres restants, les arômes et la matière des vins ». Au final, des cuvées millésimées vendues parfois avec 10 ans de décalage et disposant de belles années. Au domaine Gilg (Mittelbergheim), les vignerons débouchent à l’occasion des Crémant d’Alsace vieux de vingt ou vingt-cinq ans, et constatent avec fierté leur fraîcheur et la netteté de leurs arômes. Quant au cas des terroirs, c’est encore plus net : alors que des dizaines de vignerons élaborent de fait des Crus, les mentions explicites restent encore dans la tête et le cœur des élaborateurs. Pourtant, le domaine Buecher (Wettolsheim) affiche très clairement sur sa carte un Grand Cru Pfersigberg et un Hengst. Mais nulle trace sur l’étiquette : « Ces Crémant sont issus de Pinot Blanc, cépage interdit en Grand Cru. Les autorités nous ont précisé qu’il n’était pas question de les revendiquer comme des Grands Crus », explique-t-on dans ce domaine qui met en marché exclusivement des effervescents. Autre exemple, Seppi Landmann (Soultzmatt) qui travaille une cuvée à partir d’un terroir précis, mais ne l’affiche pas en tant que telle. La question de l’affichage du lieu-dit d’origine est donc posée. Car le doute n’est pas permis : il existe bel et bien une logique de terroir pour les Crémant d’Alsace. De là à prétendre un niveau comparable aux Grands Crus, il reste une marche à franchir. Discrètement mais sûrement, un nombre croissant de vignerons gravissent la difficulté. Reste désormais à faire preuve d’imagination pour permettre l’affirmation de ces cuvées de lieu-dit. Après tout, il existe des dizaines de dénominations de Pinot Noir et Blanc et de Sylvaner en Grand Cru permettant le respect de la réglementation tout en garantissant la mise en valeur du travail effectué par le vigneron. Nul doute que l’on passera très vite à la même logique pour les Crémant, en attendant que la question ne soit abordée au plan réglementaire. 

Villages
Dans le grand débat des terroirs, se profile une question sous-jacente. L’acheteur « moyen » a-t-il plus ou moins de chances de trouver d’excellents Crémant dans un village viticole plutôt qu’un autre ? Si l’on prend comme critère de repérage les médailles (lire par ailleurs) ou les citations dans des guides, la réponse est positive. Des villages comme Mittelbergheim, Voetglinshoffen, Orschwihr - entre autres - sont en pointe. Des effets terroirs existent donc, mais une forme de compétition non écrite aussi : dans le cas de Mittelbergheim, il y a une bonne dizaine de metteurs en marché qui affichent de splendides réussites en Crémant d’Alsace. Du même coup, le niveau des dégustations entre collègues ou bien au niveau du syndicat viticole ne peut que progresser au plus grand bénéfice des clients. Reste une évidence : en dehors de ces villages, on trouve d’excellents Crémant auprès de bien d’autres élaborateurs… 

Malo pas malo
Les vins destinés au Crémant doivent-ils effectuer leur fermentation malo lactique ? Voilà bien un débat qui anime les réunions et professionnels et souvent, oppose les praticiens. Les défenseurs de cette pratique estime que c’est une condition indispensable pour obtenir des vins de base structurés, riches, équilibrés entre le gras et l’acidité. Pour les autres, la malo alourdit les vins, leur fait perdre de la fraîcheur et de la vivacité aromatique. Vigneron d’Alsace(s) ne tranche pas le débat mais invite les dégustateurs et les amateurs à s’interroger sur leurs préférences. Il est intéressant de s’interroger sur ses propres goûts au regard des techniques de vinification employées et de perspective d’usage de la bouteille. Peut-être ne cherche-t-on pas le même Crémant pour une fête d’un après-midi d’été en pleine canicule ou pour accompagner un repas de retrouvailles en décembre, après une visite dans un marché de Noël. L’un des avantages des Crémant d’Alsace réside dans le fait qu’une fois de plus, on trouvera toujours « la » ou « les » cuvées qui conviennent.

Médailles
En Crémant comme en vins tranquilles, il existe plusieurs concours délivrant des médailles aux bouteilles considérées comme les meilleures. En tête, le concours annuel des Crémant de France, qui rassemble les huit régions productrices (Alsace, Bordeaux, Bourgogne, Die, Jura, Limoux, Loire et Luxembourg) mais il existe évidemment d’autres sélections d’effervescents. Pour certains vignerons, la chasse aux médailles représente une motivation et la récompense une fois obtenue, une authentique fierté. D’autres, en revanche, évitent systématiquement ce type de sélection. Peut-on dire pour autant qu’une bouteille médaillée est meilleure qu’une autre ? Faute de critères de dégustations incontestables - cela n’existe pas - et d’une dégustation absolument systématique, c’est évidemment impossible. Reste que les vignerons qui choisissent de se confronter à d’autres dans un concours prennent le risque de voir leur bouteille mésestimée. C’est d’ailleurs une justification pour les autres, qui considèrent souvent que leurs cuvées sont trop éloignées des critères classiques pour obtenir une récompense. 

News
Extraits de notre magazine "Vigneron d'Alsace(s)"

Les crémants d'Alsace
la suite

Dossier Millésimes
la suite
Vignerons indépendants
de France


Site partenaire

Création du site Internet : SOLUXA

Haut de page
Facebook Widget