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Le beau temps des rosés

Vigneron d'Alsace(s) le nouveau magazine édité par les vignerons indépendants d'Alsace... Cette rubrique reprend les derniers dossiers abordés dans Vigneron d'Alsace(s), vous y trouverez également la liste des vignerons indépendants cités dans le magazine.
Une définition, en passant : un rosé, c’est un vin issu de raisins habituellement destinés aux vins rouges et dont on interrompt la macération après quelques heures, un jour voire 36 heures. Il est ensuite vinifié à la manière d’un vin blanc, en sachant que la longueur de cette macération va influencer le résultat final plus elle sera longue, plus le vin aura des chances de disposer d’une matière plus riche. Inversement, le projet d’élaborer un vin très léger et d’une couleur très pâle provoquera une macération moins longue. Mais quelle que soit la méthode, le but est en principe de proposer une cuvée facile d’accès, propre à s’adapter à des repas simples, aux agapes fraternelles et autres réjouissances printanières et estivales. À de très rares exceptions près, aucun rosé ne mérite ainsi de figurer au panthéon des vins de gastronomie. Normal, il n’est pas fait pour cela.

Des règles à respecter
Faut-il pour autant le vouer aux gémonies viticoles et le dévaloriser pour n’en faire qu’un ersatz de boisson au cola ? Ce serait très injuste pour les vignerons qui mettent en marché de bien jolies cuvées, élégantes et souvent racées, simples et fraîches, conviviales et séduisantes. Ne boudons pas notre plaisir et admettons qu’un rosé, cela peut-être un bon vin. À condition de respecter des règles élémentaires.
D’abord, des rendements maîtrisés : pour faire des rosés, point besoin d’adopter une posture aussi rigoureuse que pour un grand rouge. Reste que le Pinot Noir n’est jamais si aromatique et élégant que lorsqu’il est travaillé avec précaution. C’est d’autant plus vrai pour les vins rosés destinés aux Crémant (lire "les rosés sont fashion") où l’on demande parfois de la puissance à des cuvées « gastronomiques ». Ensuite, un état sanitaire aussi parfait que la nature le veut bien : finalement, même en 2006 où les fortes pluies avaient entraîné de sérieux problèmes de pourriture, les vignerons attentifs ont obtenu de beaux rosés (et rouges).

Une dernière pour la route.
Qui a dit que des rosés ne peuvent pas être de grandes cuvées ? On citera pour l’anecdote une vente aux enchères réalisée début juin en Asie où la célèbre maison champenoise Dom Perignon mettait en scène des cuvées de magnums rosés, millésimes 1966, 1973 et 1976. Résultat, le lot de 3 bouteilles a été adjugé 61 990 €. On ne se comparera pas à ces cuvées historiques, reste l’évidence: du Pinot Noir peut donner des effervescents de très haute tenue, d’une garde impressionnante. Les Champenois, fort de leur histoire et de leurs traditions viticoles, le savent. Et les Alsaciens ont bien raison de consacrer leurs efforts à la valorisation de ces vins.

CREMANT : Les rosés sont «fashion»
Confidentiels jusqu’alors, les Crémant rosés font une entrée remarquée dans les bulles alsaciennes. De quoi contribuer encore un peu plus au succès considérable rencontré par les effervescents d’Alsace qui gagnent également de belles parts de marché à l’export. De quoi aussi booster encore un peu plus les plantations de Pinot Noir, qui ont déjà le vent en poupe. Les rosés, c’est à peu près 10 % des 30 millions de cols de Crémant d’Alsace vendus en 2007, tous élaborés à partir de Pinot Noir. Il est vrai que tous les vignerons indépendants n’élaborent pas de Crémant rosé, mais la pratique gagne du terrain. La corrélation se fait évidemment entre ceux qui élaborent des rosés «tranquilles» et ceux qui n’en font pas, chez qui l’on ne trouvera donc logiquement pas de rosé version effervescent.
Une dégustation comparée d’échantillons en provenance de plusieurs caves fait immédiatement apparaître plusieurs types de Crémant rosé. À l’instar de ce qui se fait pour les vins tranquilles, on découvre des robes très pâles, d’autres très soutenues à la limite du rouge, avec toutes les étapes intermédiaires  : tendance à la teinte corail, au rose clair, à des notes tuilées, etc.
Ce n’est pas qu’une coquetterie : le principe de vinification explique ces nuances, voulues par le vinificateur dans le but d’obtenir des cuvées plutôt orientées vers la fraîcheur, la vivacité, des notes plus vineuses ou d’autres pistes. Car autant les rosés «tranquilles» sont généralement mis à l’écart des tables de gastronomie, autant il n’est pas indécent de servir un Crémant rosé à une belle table. On va y trouver une rondeur qui peut ravir des convives attablés devant des volailles rôties ou grillées, devant des plats de viandes blanches avec des accompagnements de légumes forts en goût. Ou encore, en accompagnement de desserts. Cette capacité de certains Crémant rosés de se marier avec des mets de belle facture explique leur succès.
Pour le reste, la description de ces effervescents confirme leur variété – presque – infinie. On y trouve tantôt des notes de douceur (domaine Amberg, Epfig), parfois ce Crémant aura « le cœur grenadine » (domaine Anstotz, Balbronn), d’autres ont des arômes fruités plein d’énergie avec des notes de bergamote et de guimauve (domaine Ginglinger-Fix, Voegtlinshoffen). La cuvée rosé du domaine Bohn (Reichsfeld) est jugée puissante, très présente en bouche, le domaine Engel (Rorschwihr) présente la cuvée à déguster comme, ça pour le plaisir, tout comme d’ailleurs le domaine Kœhly (Kintzheim), Crémant gourmand et joyeux.


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Extraits de notre magazine "Vigneron d'Alsace(s)"

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