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Les AOC Alsace : tout comprendre en un article

Vigneron d'Alsace(s) le nouveau magazine édité par les vignerons indépendants d'Alsace... Cette rubrique reprend les derniers dossiers abordés dans Vigneron d'Alsace(s), vous y trouverez également la liste des vignerons indépendants cités dans le magazine.

Compliqués, les vins d’Alsace ? Et si tout était au contraire très simple. Voici la synthèse de tout ce qu’il faut savoir pour tracer son chemin du nord au sud d’un vignoble réputé pour le sens de l’accueil de ses vignerons indépendants.

Pour le vignoble alsacien, la vie ne ressemble pas à un long fleuve tranquille. Contrairement aux autres régions viticoles françaises, hormis les vignobles champenois et lorrains qui ont subi la guerre de 14-18, les vignes d’Alsace ont été ballottées par les guerres de conquête des rois de France, puis par les conflits franco-allemands. La reconstruction du vignoble qui s’est opérée à partir des années 50, a d’abord consisté à sauver l’essentiel, ce qui fut fait avec la reconnaissance de l’AOC Alsace, obtenue par le décret du 3 octobre 1962, et qui valorisait la région en couvrant la totalité de l’aire viticole délimitée à cette époque, étendue depuis.

Mais qui observe le vignoble issu de ce sauvetage et celui que nous connaissons aujourd’hui ne s’y retrouve pas. Il aura suffi de quelques années pour créer le Crémant,(décret du 24 août 1976) devenu entre temps le leader incontesté des effervescents français (hors Champagne), avec une production qui explose en 2005. Quelques années aussi pour créer l’AOC Grand Cru, (décret du 20 novembre 1975) même si l’on sait bien que les efforts pour imposer à nouveau une viticulture de terroir en Alsace doivent être poursuivis. Les vignerons indépendants ont grandement contribué à son émergence. Dans ce même laps de temps, l’Alsace a imposé ses vins moelleux et liquoreux ; certes, la réglementation a officialisé un usage fort ancien, mais quel succès à la clé !

La description des AOC Alsace ne serait pas complète sans souligner les efforts collectifs entrepris depuis vingt ou vingt-cinq ans, et qui ont permis une amélioration globale spectaculaire de la qualité des vins génériques, reconnue par tous. Voici le tour d’horizon des principaux éléments à connaître et retenir sur l’organisation du vignoble.

Des AOC et des mentions

C’est un cas particulier, la totalité du vignoble alsacien est classé AOC (environ 15300 ha en production, soit la quasi totalité de l’aire délimitée). Au-delà de l’AOC «générale», existent deux autres appellations, l’une concerne les 50 Grands Crus et l’autre les effervescents, les Crémants d’Alsace. On n’oubliera pas le petit poucet, le Klevener de Heiligenstein, une particularité dans l’AOC générale, dont l’aire de production (97 ha) s’étend sur cette commune et quelques villages voisins (décret du 4/02/1997). On y récolte et vinifie du savagnin rose, cépage bien connu dans le Jura et cousin du Gewurztraminer. Par ailleurs, l’AOC générale et l’AOC Grand Cru autorisent deux mentions : Vendanges Tardives et Sélections de Grains Nobles.

 

Les AOC Alsace en quelques chiffres

L’AOC générale est accordée aux vins issus des sept cépages reconnus : Muscat, Sylvaner, Pinot Blanc, Pinot Gris, Pinot Noir, Riesling et Gewurztraminer ainsi qu’à deux assemblages, l’Edelzwicker et le Gentil. Le rendement annuel à l’hectare est fixé à 80 hectolitres et à 75 hl/ha pour les Pinot Noir.

Les Alsace de toutes les appellations (hormis le Crémant) sont embouteillés dans les fameuses flûtes et obligatoirement mis en bouteille dans la région d’origine.

L’AOC Alsace représente environ 80 % des vins, 3,6 % pour l’AOC Grand Cru et 17 % pour l’AOC Crémant (chiffres 2004).

Le Riesling demeure leader de l’encépagement (22 %) devant le Pinot Blanc (21 %), dopé par le Crémant. Suivent le Gewurztraminer (18 %), le Pinot Gris (14 %), le Sylvaner (11 %), le Pinot Noir (9 %) et le Muscat (2 %). Deux autres cépages sont autorisés, le Chasselas en vin tranquille et le Chardonnay exclusivement pour le Crémant.

La production globale évolue entre 1,1 M d’hl et 1,25 M d’hl.

Lieux-dits, Grands Crus et terroirs

Des siècles durant, les amateurs de vins d’Alsace appréciaient les crus issus des meilleurs terroirs régionaux, connus sous le nom du lieu-dit. L’on retrouve par exemple des références de banquets où l’on appréciait du Sporen, de l’Altenberg de Wolxheim, du Bruderthal, du Kitterlé, etc., et ceci sans mention de cépage. Cette tradition s’est perdue après l’annexion de l’Alsace (et de la Moselle) par la Prusse en 1871. Alors que les autres vignobles français structuraient leurs appellations et se dotaient de règles strictes pour valoriser leurs meilleurs terroirs, le vignoble alsacien se voyait non seulement coupé de son marché français et de plus, contraint par l’occupant de se convertir dans la viticulture de masse. Ce n’est que dans les années 1970 que cette notion de terroir a repris le dessus, après une période de sauvetage du vignoble alsacien qui s’est avérée périlleuse.

Aujourd’hui, l’AOC Alsace Grand Cru délimite 50 lieux-dits, avec bientôt un 51e (le Kaefferkopf). Le texte fixe des règles de production plus contraignantes que l’AOC Alsace : rendements inférieurs, seulement quatre cépages autorisés (Riesling, Pinot Gris, Gewurztraminer et Muscat), le Sylvaner faisant exception dans le Zotzenberg de Mittelbergheim. Des degrés minimums d’alcool en puissance sont globalement fixés par les décrets d’application. Depuis 2001, les syndicats viticoles locaux ont la possibilité de fixer des règles plus strictes pour le Grand Cru dont ils ont la gestion.

Quant aux autres lieux-dits (en dehors des Grands Crus) leur réglementation n’est pas encore entièrement résolue. La mise en place d’un texte se heurte d’ailleurs à une réalité : « Il existe des centaines de lieux-dits cadastrés tout au long du vignoble. Certains sont identifiés depuis très longtemps mais l’histoire du vignoble au XXe siècle n’a pas permis aux vignerons de les mettre en valeur dans la continuité. D’autres sont travaillés depuis moins longtemps, mais avec beaucoup d’ardeur par les vignerons. La question est simple: faut-il autoriser tous les lieux-dits dans une appellation intermédiaire au nom du simple fait de leur usage, ou faut-il déterminer des critères pour en limiter le nombre?

Pour les vignerons indépendants, l’esprit de la réglementation doit en priorité tenir compte de la capacité créative des vignerons et de la mise en valeur d’une typicité liée à l’expression d’un terroir particulier.

Marqueur terroir ou marqueur cépage ?

Dans l’AOC Alsace, c’est en principe le cépage qui donne le ton. Ce fut même longtemps une exception dans le monde du vin, les Alsace étant caractérisés d’abord par le nom de leur cépage d’origine. La montée en puissance de la notion de terroir, essentiellement sous l’influence des vignerons indépendants, a fait évoluer cette notion. Pour autant, rien n’est compliqué : « Les vignerons indépendants mettent en marché des vins de cépage et des vins de terroir. Les uns sont clairement identifiés par le fruit dont ils sont issus, les autres par le lieu-dit », souligne le Synvira (Syndicat des vignerons indépendants d’Alsace).

Patrimoine, patronymes et consonance

Il ne faut pas confondre complexité et consonance germanique ». Ce propos est régulièrement tenu par les sommeliers régionaux, qui incitent les prescripteurs comme les consommateurs à ne pas s’attarder sur une évidence ; les vins d’Alsace portent des noms d’origine alémanique. C’est comme cela, de la même manière qu’on ne s’étonnera guère de trouver des vocables corses dans l’Ile de Beauté.

Inconscient collectif et ignorance quasi générale de la langue allemande aidant, il reste vrai que la prononciation cumulée d’un lieu dit, du cépage et d’un patronyme fleurant bon l’Alsace profonde a de quoi inquiéter le francophone moyen. « Notre identité est ainsi faite. Et ce n’est pas en traduisant nos noms que l’on gagnera la confiance des clients », estiment nombre de vignerons indépendants, fiers de leurs noms et du patrimoine qu’ils véhiculent.

 

 

 

 

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