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Les petits bonheurs d'une tradition ancienne.

L'Alsace présente bien des spécificités. Découvrez ici les particularités qui font de l'Alsace une région à part.

L’Alsace est terre de vins de cépage. Cette doctrine, moult fois rappelée, relève de l’évidence tant le vignoble alsacien a posé ses théorèmes qui ont pour noms Riesling, Gewurztraminer, Muscat, etc. Il existe pourtant sur le Piémont des Vosges une solide tradition de vins d’assemblage ou de complantation.

Certains de ces crus sont très discrets, d’autres s’affichent ostensiblement. Visite dans le petit monde des Alsace hors sentiers battus.

Impossible de faire un article sur les assemblages alsaciens sans évoquer le Kaefferkopf. Ce seigneur du genre provient de coteaux situés à proximité du village d’Ammerschwihr et dispose d’une notoriété supérieure à la plupart des Grands Crus d’Alsace, sans bénéficier pourtant de cette AOC… Fruité, rond, aromatique, en clair, c’est un vin d’accès très aisé et évoluant avec aisance sur de nombreux terrains gastronomiques. A Strasbourg, cet assemblage qui doit contenir entre 60 et 90 % de Gewurztraminer (Riesling, Muscat et Pinot Gris viennent en complément) demeure une valeur sûre.

On pourra rappeler aux curieux que le Kaefferkopf est d’abord le nom de coteaux situés au voisinage d’Ammerschwihr. On y fait également des vins de cépage ; les vignerons locaux, ainsi que le propriétaire négociant J.B Adam grand maître des Kaefferkopf d’assemblage, ont choisi la voie vertueuse pour remplir les conditions fixées par l’INAO pour obtenir l’appellation « Grand Cru ». En attendant, on relèvera le paradoxe de voir l’un des vins d’Alsace de terroir les plus réputés afficher avec fierté sa spécificité de vin d’assemblage.

Une place au soleil
Mais il existe d’autres cas originaux. Elaboré par la Cave vinicole de Ribeauvillé, le Clos du Zahnacker représente un autre exemple d’assemblage aux origines très anciennes. Martin Zahn, dont on ne sait s’il fut moine ou simplement employé du monastère Saint-Morand, ne se doutait pas que ses travaux de complantation serviraient de bannière à une coopérative. Au XIIème siècle, il avait complanté des cépages nobles sur une des meilleures parcelles des coteaux dominant la ville, orientation plein sud, pour en tirer un vin original et aux caractéristiques exceptionnelles. Le Clos du Zahnacker est l’un des rares terroirs alsaciens à bénéficier de cette prestigieuse appellation et la complantation demeure : Riesling, Tokay Pinot Gris et Gewurztraminer tirent ensemble le meilleur du sous-sol de la belle pente qui domine Ribeauvillé.

Au château d’Ittenwiller, les contes d’Andlau-Hombourg, de très vieille et haute lignée de noblesse, mettent aussi en marché un assemblage, commercialisé par la maison Klipfel, de Barr. « Nous n’avons pas assez de volume pour mettre sur le marché des vins de cépage, surtout certaines années ou les rendements sont faibles. Alors, nous réalisons un assemblage à base de Pinot, Blanc et Gris, accompagnés de Gewurztraminer, de Muscat. Le Riesling entre dans sa composition certaines années », confient les comtes. A l’heure où tant de vignobles marchent sur les chemins des vins de cépage, pourquoi l’Alsace ne ferait-elle pas sa place au soleil des assemblages ?

La dernière heure du maire
Mais le « vin du pistolet » d’Obernai procède d’une logique différente. Il s’agit cette fois-ci de plusieurs cépages complantés sur une même parcelle, conduits simultanément, récoltés le même jour et vinifiés ensemble. Inutile de rechercher dans la dénomination de ce vin mis en marché par le domaine Seilly une quelconque référence gustative. Ce vin n’a aucun goût de pierre à fusil, tout au contraire. Son caractère fruité, vif et riche, en fait un très agréable compagnon d’agapes. L’histoire de ce vin mérite qu’on s’y attarde. En 1562, lors d’une visite de l’empereur Ferdinand Ier à Obernai, on lui fit déguster d’excellents crus notamment issus du Schenkenberg, qui revendique aujourd’hui un classement dans la future appellation intermédiaire d’Alsace. Et l’empereur de multiplier les compliments au maire. Sa réponse fut surprenante : “Nous avons encore un vin bien meilleur. Mais il est réservé aux Obernois et vous n’en n’aurez donc pas”, lança le maire à son empereur. Estomaqué par la saillie, celui-ci s’empara d’un pistolet dont il menaça l’impertinent. Nul doute que ce dernier crut sa dernière heure venue, mais Ferdinand Ier abaissa l’arme avant de lui en faire présent : “Vous la garderez jusqu’à ce que vous trouviez quelqu’un de plus effronté que vous”, répondit l’empereur. Les souverains ont disparu, est resté le nom donné depuis ce jour-là à ce vin.
Pas de quoi remettre en cause la suprématie des cépages en Alsace. En revanche, quelle nouvelle preuve de la variété des Alsace.

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