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Pinot Noir : À la recherche du calcaire et des sols ferrugineux

L'Alsace présente bien des spécificités. Découvrez ici les particularités qui font de l'Alsace une région à part.

Les Pinot Noir alsaciens méritent-ils l’appellation Grand Cru ? La réponse, négative pour l’heure, est discutée par plusieurs vignerons qui font valoir les racines très anciennes des rouges sur certains lieux-dits. Au-delà de la question des Grands Crus, reste à savoir où trouver les meilleurs terroirs à Pinot Noir. Pinot_Noir.jpg

Histoire du vignoble
L’histoire est ainsi faite : les guerres et les changements de nationalité qui en ont découlé ont – entre autres – perturbé la vie du vignoble. Après le fracas des canons, des difficultés de la reconstruction, l’Alsace viticole s’est arc-boutée sur ses blancs pour d’abord se sauver, ensuite évoluer. Cela n’a pas empêché certains vignerons de continuer à défendre contre vents et marées l’idée de rouges en Alsace.

Du fer pour les tanins
Pour l’essentiel, ces résistants disposent de terres adaptées à ce cépage, souvent sans le savoir. Ce n’est que très récemment que quelques vignerons ont entrepris de chercher à comprendre les relations terroir - Pinot Noir. Travail de bénédictin, puisque si ces moines ont planté le Pinot Noir sur des sites bien précis, sur lesquels ce cépage est encore présent des siècles plus tard, ce n’était pas par hasard. Malheureusement, le fil de la connaissance s’est rompu et il a fallu tout reconstruire, en regardant d’abord ce qui se faisait ailleurs.

Des études ont été ainsi menées méthodiquement sur des terroirs réputés pour favoriser certains grands vins rouges, et d’autres de grands vins blancs. L’idée était de savoir s’il existait dans la composition géologique des sols des éléments spécifiques que l’on trouvait dans un cas et pas dans l’autre. Selon l’étude menée par le syndicat viticole gérant, notamment le Grand Cru Vorbourg (Rouffach), la conclusion est simple : pour obtenir de grands vins rouges, la présence de fer dans un sol largement pourvu en calcaire est nécessaire. « Le fer est indispensable à la polymérisation des tanins et des anthocyanes », relève l’étude. Sans ces composants, le recours aux technologies représente un cache-sexe qui ne dissimule pas longtemps la réalité : trop de boisé sur un vin manquant de matière, par exemple, n’évitera ni l’astringence ni l’assèchement de la bouche.

« Le Pinot Noir a besoin de terroirs ferrugineux en cours de déminéralisation, une roche vieille type primaire, précambrien », ajoute Marc Kreydenweiss (Andlau). « Ce ne sont pas les techniques de macération, d’extraction, de contrôle des températures, etc., qui donnent aux vins rouges leur personnalité. L’idée même du rouge est associée à l’identité forte d’un terroir », complète Jean-Paul Schmitt (Scherwiller).

Renouer avec la tradition
Tous ces travaux influent en profondeur sur les vignerons, notamment les jeunes générations. Dans de nombreux domaines, la relève consacre une grande énergie pour renouer les fils de la tradition ancestrale des rouges en Alsace.
Et puisque tous sont convaincus qu’il faut un terroir bien précis et des méthodes de culture très exigeantes pour élaborer de grands rouges, on découvre de plus en plus fréquemment des cuvées où le marqueur « cépage » s’efface devant le marqueur « terroir ». En dégustation, on peut rencontrer des arômes de cannelle, de quetsche, de torréfaction, des tanins particulièrement souples et soyeux, ou encore des accents de fruits compotés, à la bouche ample, à la matière tapissant largement le palais. Tous ceux qui élaborent ces rouges savent qu’il reste du chemin à parcourir pour que l’excellence soit reconnue.

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