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De la ville à la vigne.

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Entrez dans l'intimité des caves, découvrez le quotidien du vigneron, comment il travaille sa vigne et produit son vin. N'hésitez plus ensuite à lui rendre visite.

Le nombre d'hommes et de femmes qui empruntent le chemin des vignes après plusieursDe_la_ville.jpg années d'un parcours professionnel différent va croissant. Ils étaient secrétaire, électricien ou infirmier et les voilà un beau jour dans les murs des centre de formation d'Obernai ou de Rouffach pour entamer une nouvelle vie professionnelle.

"Jusqu'à présent, on voyait surtout passer des enfants ou des conjoints de vignerons. Ce public est maintenant largement complété par des personnes qui ont déjà fait des études dans d'autres domaines", explique Bernard Wentz du centre de formation d'Obernai.

Leurs raisons sont multiples et proviennent souvent du malaise économique. L'image de la viticulture est positive et le métier source de richesses - pas seulement pécuniaires - aux yeux de nombreux candidats. "Nous rencontrons aussi des personnes motivées par l'idée de devenir patron et indépendant. C'est le cas d'anciens salariés de grandes entreprises comme les Mines de potasse d'Alsace lors des plan de reconversion", explique Jean-Jacques Schaetzel, du centre de formation de Rouffach. De manière générale, les postulants louent une qualité de vie au contact de la terre. Le métier de vigneron est considéré comme créatif, artistique, le vin comme un produit noble. La médiatisation du métier renforce cette tendance.

Sophie était sommelière avant de reprendre une formation viticulture-œnologie à Obernai. Pour cette jeune femme de 26 ans, le vin est une culture, un art de vivre, mais son ancien métier lui semblait trop superficiel pour la satisfaire pleinement. "Loin des salles de restaurants, on retrouve davantage de richesse humaine, de simplicité et de vérité". Sophie travaille comme ouvrière viticole pour son stage, passant son temps entre la cave, les vignes, "à l'écoute de la nature, tentant de comprendre le travail des ancêtres. Notre travail donne sa qualité au vin. On trouve là une source de satisfaction intérieure", apprécie-t-elle.

Franco, lui, a quitté La Réunion avec son BEP de mécanique auto en poche pour confronter les méthodes de vinification de son île natale avec celles pratiquées en Alsace. Branché par un ami œnologue à la Réunion, il faisait partie d'un projet sur la viticulture et l'œnologie afin de mettre en place de nouveaux cépages. En Alsace depuis 1993, il souligne la confrontation quotidienne de son travail à des exigences de qualité et la nécessité de toujours remettre en question ce nouveau métier. "Je suis motivé en voyant le résultat final du travail sur la vigne dans un verre".

Quant à Frédéric Cast, c'est en suivant ses parents mutés de Rennes vers l'Alsace qu'il débarque dans la région avec comme perspective des études de droit. Après l'échec d'une première année d'université décevante, un emploi de saisonnier chez Albert Seltz à Mittelbergheim engendre le coup de foudre. " Sitôt mon service national achevé, j'ai entamé une formation par alternance avec un contrat de deux ans chez Seltz", raconte le jeune homme. Le diplôme en poche, il travaille désormais comme " second " du vigneron : " C'est passionnant, j'interviens de la terre à la bouteille, jusqu'à la vente ", s'enthousiasme-t-il. " Mais il faut rester humble. J'ai encore bien des choses à apprendre, des erreurs à commettre ". Le jeune breton sait bien par ailleurs qu'il lui sera impossible de s'établir en Alsace, prix des terres oblige : " Je prévois de voyager. Quant à m'installer à mon compte, pourquoi pas, plus tard ? Dans le Sud, ou dans un autre pays ", envisage-t-il.

L'image est belle, trop souligneront certains. "Beaucoup de demandeurs d'emplois rêvent et s'illusionnent sur les gains financiers et les horaires de travail. Nous les décourageons", affirme Jean-Jacques Schaetzel. "Difficile de devenir son propre patron dans une région où le métayage et le fermage sont quasiment inexistants. L'obstacle à la fin de la formation est d'autant plus important que ces jeunes sont en concurrence avec des ingénieurs agronomes pour des postes à responsabilité dans un domaine", renchérit Rémy Gresser d'Andlau.

Rémi Kuntz, 34 ans, a posé ses valises dans le Sud-ouest, près de Gaillac. Pendant 15 ans, ce Strasbourgeois a vécu dans sa ville, d'abord animateur de groupes d'enfants et d'adolescents, puis au hasard des rencontres cuisinier. Il participe au lancement du café des Anges à Strasbourg et entame une vie nocturne. Il lance avec sa compagne Percrocussion, festival de percussion. Amateur de vins et autodidacte, "je voulais toucher à la matière. Et j'ai persévéré malgré les mises en garde d'autres vignerons sur la dureté du métier". Quand il reprend les 10 hectares de vignes près de Gaillac, tout est à tailler. Ce qu'il fera seul pendant tout un mois. "Je vis pleinement la convivialité que procure le vin avec les personnes qui passent ici. Je n'ai aucun complexe à présenter mon vin et ce métier. L'image que je donne est certainement différente de celle d'autres vignerons. Je souhaite partager tout simplement. Je n'aurai pas peur de laisser un sécateur à une personne qui ne sait pas tailler, ou de faire déguster un mauvais vin. Je n'ai rien à cacher, ni moi, ni ce que je fais", explique Rémi qui semble vivre dans ce nouvel environnement une profonde respiration.

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