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Domaine Jean-Marie Haag à Soultzmatt

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Entrez dans l'intimité des caves, découvrez le quotidien du vigneron, comment il travaille sa vigne et produit son vin. N'hésitez plus ensuite à lui rendre visite.

j.mhaag_copie.jpgDomaine Jean-Marie Haag à Soultzmatt. Etoile montante de la viticulture. Depuis une trentaine d’années, le vignoble alsacien connaît une révolution qualitative sans précédent. L’excellence de ses vins n’est plus à vanter.  Au côté de grands groupes qui occupent des parts de marché conséquentes, de petites exploitations participent à ce mouvement vers une notoriété grandissante. Il en est ainsi des Haag à Soultzmatt.

“Mon ami avait une vigne sur un coteau plantureux. Il y retourna la terre, enleva les pierres et installa un plan de choix. Au milieu, il bâtit une tour et il creusa aussi un pressoir”, lit-on dans Isaïe 5, 1-2. Omniprésent dans la Bible, la vigne l’est aussi dans la vallée noble, joli nom dont s’affuble désormais la vallée de Soultzmatt, un haut-lieu du vignoble alsacien depuis toujours.
Dans les Consuetudines du chantre de la cathédrale de Strasbourg, Baldolf, rédigés entre 1038 et 1047, se trouvent en effet déjà mentionnés des envois de vins dans la métropole rhénane en provenance de Rouffach, Châtenois, Epfig, Bischoffsheim, Mutzig, Molsheim et… Soultzmatt. Selon une charte du pape Lucius III au chapitre de Lautenbach, les chanoines y possèdent une cour dîmière, au moins en 1183. Suivant le registre de l’évêque Jean de Strasbourg (1306-1328), les moines de Bâle y exploitent des vignes sur le Sultzberg. L’urbaine de Marbach signale que les chanoines y font fructifier un Rebgarten en 1487. Enjambons allégrement un demi-millénaire. Grâce surtout à Seppi Landmann, le Zinnkoepflé ne possède désormais plus un nom imprononçable.


Aux origines du domaine Eugène Haag


Né en 1903, Eugène Haag épouse, en 1928, Anna Hetsch (1902-1978), originaire de Westhalten. De leur union naissent sept enfants : six garçons et une fille ; sur les six garçons, quatre entrent dans le clergé. Enumérons la fratrie : Paul-Antoine, né en 1929, frère oblat, actuellement en Corse ; Armand, né en 1931, vigneron ; Marguerite, née en 1933 ; Léon, né en 1939, trappiste à Oelenberg ; Louis, né en 1937, père oblat actuellement à Lyon ; Xavier, né en 1939 ; enfin Pierre, né en 1941, longtemps directeur de la catéchèse scolaire à Strasbourg, actuellement curé à Kingersheim. Dans cette famille, par conséquent, vocations religieuses et tradition familiale sont liées.
Revenons à Eugène Haag. Il s’installe d’abord à Westhalten. Comme beaucoup d’hommes de sa génération, il travaille comme mineur aux MDPA et comme tant d’autres il utilise ses loisirs aux travaux agricoles et viticoles dans le cadre de la polyculture traditionnelle. A ses débuts, Eugène Haag travaille un hectare, acquis à force de travail. Dès qu’il en a les moyens financiers, il agrandit son pré carré. Le 30 mai 1930, il acquiert, avec son épouse, un corps de ferme à Soultzmatt dans une vente aux enchères.


Corpsde_fermehaag_copie.jpgSur le linteau de la porte d’entrée figure le millésime 1770. Pour la petite histoire, signalons ce que note, cette année, un chroniqueur de Riquewihr dans son journal familial. Il commence par citer Joël 1,3 : “Racontez-le à vos fils et à la génération qui suivra”. Puis il poursuit : “C’est ce que l’on peut dire de cette année par rapport au pain. Cela doit rester à la mémoire de la postérité. Des trois années, 1767, 1769 et 1770, la dernière fut la plus dure. Malgré un hiver modéré, mais avec beaucoup de neige, le printemps s’annonça mal et tout avait du retard. Le 28 juin, il neigeait dans la montagne. La moisson avait un mois de retard, alors qu’on la désirait si ardemment, vu que le pain était séché. On attendit de vendanger jusqu’au 25 octobre. C’était une maigre récolte et une année triste.” Eugène Haag décède en 1964.


Le véritable fondateur du domaine : Armand Haag



La troisième génération : Jean-Marie Haag


Pour son baptême de feu, Jean-Marie Haag est confronté à la récolte pléthorique de 1982, la double vendange. Les oncles, notamment Pierre, le parrain de Jean-Marie, sont présents. La période entre 1982 et 1988 marque une transition : c’est la maman qui est officiellement chef de l’exploitation, mais elle laisse l’initiative à son fils aîné.
L’oncle trappiste aide aussi à sa façon. Un monastère de son ordre aux Pays-Bas importait des vins d’Espagne pour servir de vin de messe à de nombreuses paroisses du Benelux. Se pose, à un moment, la question du changement de provenance. Jean-Marie Haag obtient le marché. Désormais son divin breuvage aboutit comme vin de détente auprès d’ecclésiastiques certes, mais aussi auprès de particuliers qui possèdent dans les caves de l’abbaye des casiers naturellement thermorégulés !
En même temps, le nouvel entrepreneur prend conscience qu’il faut se faire connaître. Il effectue son premier déplacement en Belgique en 1983, puis participe à partir de 1985 à des salons, notamment le salon des vignerons de Paris depuis 1989. Myriam Karrer, originaire de Balschwiller, dans le Sundgau, comptable, employée au Crédit Mutuel, qu’il épouse le 9 septembre 1989, rejoint Jean-Marie dans l’entreprise.
De nos jours l’exploitation s’étend sur 6 hectares. Myriam et Jean-Marie Haag effectuent eux-mêmes tous les travaux viticoles, aidés ponctuellement par des saisonniers. La production s’éleve à 40 000 bouteilles par an. Les trois quarts de celle-ci s’écoulent en France, auprès de professionnels (10 %) et de particuliers (65 %), en salon, en expédition, et au caveau (25 %) où Jean-Marie assure une précieuse convivialité. Signe du dynamisme de cette micro-entreprise, un quart de cette production s’exporte tout d’abord au Benelux, puis aux Etats-Unis, enfin en Suède, au Danemark, en Suisse et au Royaume-Uni.
Pour vendre leur produit, les Haag déploient des trésors d’imagination. Avec d’autres amis, ils sont les promoteurs du marché de Pâques de Soultzmatt. L’idée consiste à faire venir les clients au domaine, à les ouvrir à d’autres horizons viticoles (champagne, pineau, cognac, médoc), à leur soumettre l’évolution du raisin en vin, ce qui semble souvent les désorienter. En souriant, Myriam suggère que c’est ainsi que les gens du village ont découvert leur propre exploitation. Toujours est-il que la manifestation connaît un succès indéniable, reconduite déjà sept fois. Les familles y trouvent des centres d’intérêts divers : les uns peuvent déguster, les autres goûter divers produits, les enfants s’initier au bricolage.
Les Haag s’obligent à suivre régulièrement des stages de formation. Et Myriam a franchi le pas en 2005, en vinifiant elle-même une cuvée Imagine all the wine, un vin d’assemblage au nom évocateur (une réminiscence à la John Lennon) et à l’étiquette non moins suggestive.
En conclusion, citons deux remarques des intéressés. Jean-Marie s’insurge devant la montagne de paperasse à remplir, laquelle absorbe le temps et l’énergie du vigneron. Myriam, elle, souhaiterait qu’au niveau de la commercialisation, l’accent soit davantage mis sur la marque Alsace - “Cette marque peut décliner plusieurs catégories, mais avant tout, nous élaborons du vin d’Alsace”, insiste-t-elle -, plutôt que de se perdre dans la division des cépages, des terroirs, des assemblages et autres. L’avenir de l’exploitation passera-t-il par Marion, née en 1992, et/ou Théo, né en 1994 ? Il n’en demeure pas moins que cette petite exploitation, étoile montante de la viticulture alsacienne, mérite d’être suivie, tant elle paraît arrivée au bout de la trilogie “se faire connaître, se faire reconnaître, être reconnue”.

Claude Muller

Est Agricole et Viticole N°13 du 30/03/2007

Des sept enfants d’Eugène et d’Anna Haag, c’est Armand Haag (1931-1982) qui épouse, en 1962, Jeanne-Marie Etterlen, née à Lautenbach-Zell dans le Florival, en 1930. Après avoir travaillé quelques jours dans la mine comme son père, il se dit qu’il ne peut rester ainsi confiné toute une vie et que le grand air lui manquera.
Il décide de vivre de son revenu viticole. Dès 1962, il se lance dans la mise en bouteilles, motivé par son ami Henri Fleck. Sa première production s’élève à 3 000 bouteilles. Deux cépages sont embouteillés : le muscat et le gewurztraminer. La première vente se fait à la Chambre de commerce de Colmar. En 1974, le corps de ferme s’agrandit avec la construction d’un bâtiment de stockage pour des vins en bouteilles et une maison d’habitation.
Des quatre enfants du couple, Jean-Marie, né en 1962, Josiane, née en 1964, Pierre-Paul, né en 1965 et Marie-Odile, née en 1966, c’est l’aîné qui reprend l’exploitation à la suite d’une circonstance tragique. Armand Haag décède le 31 juillet 1982. Jean-Marie Haag doit faire face, alors qu’il a à peine 20 ans.

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