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Heyberger-Meyer à Obermorschwihr

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Entrez dans l'intimité des caves, découvrez le quotidien du vigneron, comment il travaille sa vigne et produit son vin. N'hésitez plus ensuite à lui rendre visite.

A Obermorschwihr, en 1771, le sol “est tellement rempli de gravier et de pierres qu’il ne rend pas la semence des grains”, une manière de dire que le ban est impropre à la culture des céréales et, en corollaire, uniquement apte à la culture de la vigne. Dans cette “commune vignoble”, rendons compte d’une exploitation, vieille de… treize ans, celle de Sarah et Stéphane Heyberger.

L’histoire débute avec Joseph Heyberger, époux d’Andrée Meyer. Le garde-champêtre du village s’occupe, à côté de son activité principale, de 2,8 hectares de vignes, dont il vend les raisins au négoce. Son fils Stéphane, né en 1969, s’intéresse à l’activité viticole. Après ses études à Rouffach, où il obtient un Bepa en 1986, puis un Btao en 1988, il s’installe comme aide familial sur l’exploitation à mi-temps. L’autre mi-temps, le jeune Stéphane l’effectue chez un viticulteur, où il apprend consciencieusement son métier. Dès 1989, il vinifie lui-même, un petit volume évidemment, produisant 2 500 à 3 000 bouteilles, vendues aux particuliers.


S’agrandir régulièrement
En 1994, Stéphane Heyberger fait sa demande de Jeune Agriculteur, ce qui lui permet de s’installer. Il loue 1,5 ha et s’occupe désormais d’un peu plus de 4 ha. Dans le même temps, il se lance dans la production de crémant, vinifiant au début de 10 à 15 hl. Deux ans plus tard, le jeune homme construit de ses propres mains, avec l’aide de son père sa cave, dans laquelle il encave sa première récolte l’année même. En 1998, il réalise la partie habitation au-dessus.
Suit, bien sûr, l’investissement dans le matériel nécessaire : deux pressoirs pneumatiques, une machine de mise en bouteilles, une étiqueteuse automatique. L’informatisation, facturation et fichier client, se fait en 1999. Pour amortir ces investissements, Stéphane Heyberger se lance, en 2000, dans la prestation de service, prétaillage et palissage notamment, car la demande dans les villages environnants est forte. Cette activité complémentaire lui permet de rembourser plus facilement les sommes nécessaires à sa propre installation. En 2002, le voici qui acquiert une machine à vendanger, également utilisée dans la prestation de service.
En 2003, Stéphane Heyberger épouse Sarah Paolene, totalement étrangère aux choses viticoles. Mais cette dernière s’investit immédiatement dans le domaine, en devenant salariée. Elle n’hésite pas à s’atteler aux travaux de la vigne, s’occupe de l’étiquetage, accueille les clients au caveau. La marche en avant ne s’interrompt pas. Achat en 2004 d’une nouvelle machine à vendanger, remplaçant l’ancienne ; en 2006, d’une mini-pelle pour les travaux de terrassement, toujours dans le cadre d’une prestation de service. Au début de l’année 2007, Sarah et Stéphane Heyberger louent 1,3 ha supplémentaire, ce qui porte à un peu plus de 5 ha le domaine actuel. L’encépagement traduit la palette des produits proposés : 24 % de gewurztraminer, 18 % de pinot noir, 16 % de pinot gris, 10 % de riesling, 8 % de pinot blanc, 7 % de chardonnay pour le crémant, 4 % de muscat…


Ecouler sans heurter sa production
Le domaine produit actuellement 20 000 bouteilles ; une partie des raisins est encore vendue au négoce, ainsi que du vin en vrac. La production s’écoule, depuis l’origine, uniquement par le bouche à oreille, avec quelques belles réussites. Parmi sa clientèle particulière, Stéphane Heyberger compte en effet, à ce jour, deux restaurants, dont l’un à Orbey. Cette localité étant jumelée avec une ville belge, le vigneron voit tout à coup venir à lui de nombreuses commandes de Belgique, au point que les ventes belges constituent 30 % de l’ensemble. Pour le reste, le domaine écoule une grande partie de sa production grâce aux commandes groupées, bénéficiant en particulier des groupements d’achat Usinor-Sacilor et Dassault. Une partie non négligeable prend encore la direction du nord de la France et de la Bretagne. Le crémant constitue 10 % de la production.
La politique commerciale vise à proposer à la clientèle des prix corrects, entre 3 et 14 €. Même si le domaine n’est pas bio, Stéphane Heyberger n’en suit pas moins les grandes tendances de la viticulture alsacienne de qualité : lutte intégrée par confusion sexuelle, limitation du désherbage, refus des engrais chimiques, mais utilisation d’engrais organiques, limitations de rendement dans une limite raisonnable pour ne pas porter atteinte à la viabilité de l’entreprise.
Les projets ne manquent pas : arrachage et construction d’un nouveau hangar ; et amener le domaine parmi l’excellence du vignoble. Pour l’heure, le crémant Heyberger-Meyer a décroché une médaille d’or aux concours éponymes en 2003 et 2006. Les produits issus des lieux-dits Bildstöckle (Obermorschwihr) et côte Saint-Nicolas (Vœgtlinshoffen) font preuve d’une belle qualité. Un domaine en devenir, un domaine à suivre…

Claude Muller Est Agricole et Viticole N°37 du 14 Septembre 2007

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