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La viticulture biologique alsacienne vue d’ailleurs.

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Entrez dans l'intimité des caves, découvrez le quotidien du vigneron, comment il travaille sa vigne et produit son vin. N'hésitez plus ensuite à lui rendre visite.

L’Alsace se distingue du reste du vignoble français par son fort attachement au bio. Les vignerons des autres régions le reconnaissent : les bios alsaciens sont des pionniers. Voici leurs opinions, recueillies aux quatre coins de la France.Avec 51 domaines officiellement en bio, et autant qui la pratiquent sans le déclarer (pour un total de 1 000 domaines) l’Alsace est sans doute la région de France proportionnellement la plus bio. Et depuis trois ans, c’est un boom : + 25 % de vignes bio en 2001, et la tendance s’est confirmée en 2002. Surtout pour la biodynamie, qui préconise une approche philosophique du bio, à base de compost et de préparations homéopathiques : elle concerne aujourd’hui une trentaine de domaines alsaciens. Des chiffres qui laissent rêveur ailleurs en France, où le bio peine davantage et concerne une minorité élitiste.

Vue d’ailleurs, le bio alsacien est d’ailleurs considéré comme pionnier : « L’Alsace est une pionnière en matière de bio et de biodynamie », reconnaît ainsi Bruno Quénioux, responsable du rayon Vins au Lafayette Gourmet, qui ne s’approvisionne qu’auprès de vignerons bios et qui connaît donc bien le sujet. Même opinion partagée par Bernard Burtschy, chef de la rubrique Vins à Gault & Millau et fin dégustateur des Alsace :

« Les bios alsaciens ont démarré très tôt. La preuve : le lycée agricole de Rouffach, qui donne des cours sur la culture biologique en allant jusqu’à faire venir des interlocuteurs aux points de vue différents pour les confronter. »

Comment s’explique cette primauté ? Tout le monde y voit l’influence germanique.

« L’Alsace a développé, comme l’Allemagne, une hypersensibilité au bio », commente ainsi Bernard Burtschy. « De façon germanique, les Alsaciens ont toujours eu le culte de la pureté et de la propreté. Pureté des arômes et de l’expression du terroir, et grand souci de l’hygiène. Le vigneron alsacien a toujours répugné à traiter. » Bruno Quénioux ajoute à cela le poids de l’Histoire : « L’excès de médiocrité dans les années d’après-guerre a fait réagir les gens. »

De fait, le bio a eu pour avantage d’augmenter la qualité : « Il a forcé les gens à échanger sur leurs pratiques », estime Bernard Burtschy. « Il a fait baisser la productivité », ajoute Bruno Quénioux. Pour autant, l’Alsace peut-elle servir d’exemple au reste de la France ? Pas vraiment, estiment les producteurs voisins, qui ont parfois imité, mais sans succès, les méthodes alsaciennes. « Nous avons voulu appliquer en Bourgogne la méthode Kemming de travail des sols, qui consiste à toujours garder de l’herbe pour restructurer la terre, et à ne jamais tout retourner par de gros labours pour ne pas déséquilibrer la vie organique. En Alsace, j’avais vu des rangs bien enherbés, ça marchait très bien. Chez moi, j’ai été envahi d’herbes sous les ceps, j’ai dû abandonner », raconte ainsi Emmanuel Giboulot, un jeune vigneron bio de la Côte de Beaune en Bourgogne et proche de ses collègues alsaciens de Vignes Vivantes. « Quand on a une moindre densité de plantation, comme en Alsace, c’est plus simple pour l’enherbement, le labour, le travail du sol. »

Ceci dit, il y a une vertu toute alsacienne que les autres régions reconnaissent : le travail d’équipe. « Ailleurs en France le bio est une démarche individuelle. En Alsace, c’est collectif », note ainsi Bernard Burtschy. Et le meilleur exemple en est la gestion du compost pour les vignes : en Bourgogne, c’est une coopérative qui le fabrique, le livre et l’épand chez les adhérents du GEST (groupement d’études des sols et terroirs). En Alsace, les vignerons sont en groupes de 7 ou 8 et gèrent eux-mêmes les plates-formes de compostage. « Ils s’impliquent davantage dans la fabrication, ils ne délèguent pas à une coopérative, c’est bien », reconnaît Emmanuel Giboulot.

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