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Le muscat fait roi

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Entrez dans l'intimité des caves, découvrez le quotidien du vigneron, comment il travaille sa vigne et produit son vin. N'hésitez plus ensuite à lui rendre visite.

Le domaine Muller-Koeberlé effectue toutes les opérations, de la plantation des vignes à la mise en bouteille, sans achat de raisins, ni de vin. La production est écoulée à 90 % auprès de particuliers et l’export représente 10 %. Toutes les parcelles se situent entre Saint-Hippolyte, Rodern et Rorschwihr. Jacques Koeberlé, chargé de la vinification et de la gérance du domaine, n’est pas un adepte de l’agriculture biologique : “J’estime qu’il faut utiliser les moyens actuels à bon escient, sans faire de bonds en arrière qui peuvent mener à des incohérences”. Ses pratiques sont néanmoins raisonnées : utilisation des produits les moins agressifs, travail du sol adapté au sous-sol - majoritairement granitique - des parcelles : “Un sous-sol drainant qui entraîne rapidement une compétition pour l’eau entre la vigne et le couvert végétal”, explique-t-il.


muscat_copie.jpgLe cépage muscat est cultivé sur le Schlossreben, un coteau qui se caractérise par un sol siliceux et un sous-sol argilo-marneux. Ce dernier n’a pas toujours existé en tant que tel, il doit ses caractéristiques à la main de l’homme. “Dans les années 40-50, des terrasses ont été façonnées dans le but d’avoir des parcelles horizontales. Elles faisaient en général 7-8 ares, la surface qu’il était possible de traiter en une journée de travail. Après une intense période de pluie, l’argile contenue dans la terre qui avait été déposée au-dessus du socle granitique a gonflé et toute cette terre a dévalé les coteaux pour s’accumuler en bas de pente. Depuis, les terrains dénudés situés en haut de pente sont très granitiques et ceux du bas enrichis des éboulis argileux : c’est là que se situe le Schlossreben”, raconte Jacques Koeberlé. Pour l’instant, ce terme est empirique et désigne un lieu-dit mais des négociations sont en cours afin de lui donner le statut de terroir.


Le muscat est cultivé sur trois parcelles qui accueillent deux cépages différents. Le muscat d’Alsace se caractérise par des baies assez grosses, il a tendance à s’altérer rapidement et à atteindre sa maturité tardivement. D’un point de vue œnologique, il se distingue par son côté musqué, avec des arômes “pipi de chat”, il apporte de la puissance au vin. Le muscat ottonel présente des baies plus petites, il est moins affecté par la pourriture et est plus précoce et moins acide. Il apporte de la finesse au vin. Le muscat est un cépage très sensible à la coulure, phénomène qui se produit lors d’une période de froid coïncidant avec la pollinisation. Il en résulte des baies de petites tailles, voire des fleurs qui avortent. Ceci explique que le muscat ait été éliminé par de nombreux viticulteurs. “Pourtant en bonnes conditions, c’est un cépage qui affiche un bon rendement. Cela a été le cas ces 15-20 dernières années, car les gelées de printemps se font de plus en plus rares. Cette sensibilité à la coulure exige néanmoins de ne pas implanter ce cépage n’importe où, dans un couloir froid par exemple.”


Laisser les potentialités s’exprimer au maximum
Les muscats sont vendangés en fin de journée. Les baies passent ensuite cinq à six heures en conquêt de réception afin de subir une macération pelliculaire. La pellicule du raisin contient un maximum d'arômes. Ainsi, laisser macérer les grains permet de récupérer un jus très aromatique. Le pressurage de l’ottonel ne pose pas de problème car sa pulpe est liquide, contrairement au muscat d’Alsace dont la baie est très pectique, ce qui implique un pressurage lent afin d’extraire le maximum de jus. Le pressurage est réalisé à l’aide d’un pressoir pneumatique. Le moût est décanté naturellement, le jus clair est mis en cuve, à raison d’une par parcelle “afin de laisser leur potentialité s’exprimer au maximum”, explique-t-il. De même les bourbes, après passage dans un filtre-presse, sont rajoutées à la cuve qui correspond à leur parcelle d’origine. Jacques Koeberlé privilégie des cuves de petit volume car le muscat devient très vite réducteur ; or, les grosses cuves favorisent le tassement des lies qui facilite la réduction. La vinification se fait en cuves en inox, mieux adaptées au muscat puisqu’elles limitent le contact air-vin et donc les éventuelles pertes d’arôme. Les cépages ottonel et Alsace sont traités de façons différentes. “Grâce à l’utilisation de levures adaptées, le côté sec de l’ottonel est valorisé ainsi que le côté souple de l’Alsace”, indique-t-il. Une fois le vin soutiré et stabilisé, l’assemblage peut être envisagé. Il est de l’ordre de 40-60 selon les années, afin d’arriver à un équilibre.


Un vin lunatique
Le muscat représente 3 à 5 % du volume commercialisé par le domaine Muller-Koeberlé. “C’est un vin d’apéritif qui est souvent confondu avec les muscats de Rivesaltes ou de Frontignan”, explique Jacques Koeberlé. Le muscat est parfois qualifié de vin des femmes en raison de son côté très aromatique, léger et facile à boire : “Il a une structure moins complexe qu’un gewurztraminer et le côté lourd et alcooleux est moins présent”, confirme-t-il. Mais c’est aussi un vin très lunatique, en raison de sa sensibilité à la réduction : “Une fois la bouteille ouverte, un simple changement de temps, c’est-à-dire de pression atmosphérique suffit à le modifier”, constate-t-il. Cette caractéristique explique également que les muscats gagnent souvent à être aérés trois à quatre heures avant d’être consommés. Le muscat est un vin qui peut se garder : “Après 10-15 ans, il connaît un renouveau sur des arômes secondaires, voire tertiaires, qui se développent davantage au niveau de l’aspect en bouche que du côté fruité qui tend vers un arôme bourgeon de cassis”, précise-t-il.
Jacques Koeberlé avoue ne jamais avoir été un adepte des concours : “Le jeu est faussé car ceux qui n’obtiennent pas de médailles ne sont pas nommés. De plus, on assiste ces dernières années à une course au sucre, les dégustateurs amateurs ayant tendance à préférer ce type de vins.” Mais, selon lui, le concours Muscats du monde repose sur un autre concept, il vise à réunir les meilleures productions et à faire le choix des meilleurs pour
leur qualité en tant que telle. Le muscat d’Alsace 2003 Schlossreben du domaine Muller-Koeberlé, primé au concours Muscats du monde.

Bérengère de Butler Est Agricole et Viticole N°34 du 24 août 2007


Contact : domaine Muller-Kœberlé, 22 route du vin, 68590 Saint-Hippolyte, tél. 03 89 73 00 37, fax 03 89 73 05 85, site : www.muller-koeberle.fr, e-mail : koeberle@muller-koeberle.fr.

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