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Mieux accueillir : une charte et des méthodes.

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Entrez dans l'intimité des caves, découvrez le quotidien du vigneron, comment il travaille sa vigne et produit son vin. N'hésitez plus ensuite à lui rendre visite.

Dans une région qui a su développer de manière considérable son attractivité touristique, les vignerons doivent tirer leur épingle du jeu. D'autant que les enquêtes effectuées auprès de visiteurs de la région établissent clairement l'importance déterminante du vignoble dans le choix de la destination " Alsace ". Reste à conduire une part croissante de ces millions de visiteurs dans les caves. Les vignerons du Synvira viennent de mettre au point une charte d'accueil pour clarifier les règles du jeu. Et rassurer les inquiets. " Nombreux sont ceux qui n'entrent pas dans une cave de peur de déranger, parce qu'ils redoutent de voir leurs enfants s'ennuyer ; d'autres s'inquiètent également de devoir acheter des vins dont ils ne connaissent pas le prix avant d'entrer, ou d'être contraints d'acheter même s'ils n'apprécient pas la dégustation ". Les enquêtes effectuées auprès des visiteurs qui évoquent cet état de fait n'étonnent pas les vignerons : " Fondamentalement, les modalités d'accès à une cave vigneronne ne sont pas connues ", observe Yvette Beck-Hartweg, de Dambach-la-Ville. C'est elle qui, au sein du Synvira, suit le dossier de la charte accueil. Pour elle, pas de doute : il faut clarifier les règles du jeu, notamment par de l'affichage.

 
" Le groupe de travail qui a conçu la charte estime que nous devons mieux expliquer certains éléments de base à des clients hésitants, comme les horaires d'ouverture, les tarifs, etc. ", commente-t-elle.

Sur ces points d'ailleurs, il faut bien admettre que l'unanimité n'est pas faite : " Nous mettons l'accent sur notre disponibilité : mais comment garantir une ouverture à des horaires précis alors qu'il faut concilier le travail dans les vignes, très intense en certaines périodes, la vie de famille avec les enfants à transporter ici ou là, avec des visites impromptues de la clientèle ? Il n'y a que des grands domaines qui peuvent se permettre de garantir l'accueil ", considère un vigneron des environs de Molsheim. Quant aux tarifs, leur affichage ne représente pas encore une pratique courante. " Pas question de dévoiler mes prix à mes concurrents ", affirme un vigneron de Mittelbergheim ayant pignon sur rue. " Il n'y a rien de plus aisé que de connaître les tarifs du voisin ", répond Yvette Beck-Hartweg. " Lorsque nous modifions nos tarifs, nous avons même l'habitude de nous appeler entre collègues pour vérifier les cohérences ", poursuit un collègue de Dambach-la-Ville.

Ouvert à toute heure... ou presque
Il est vrai que l'accueil de la clientèle à toute heure est souhaité... mais ne va pas sans nombreux problèmes. D'ailleurs, contrairement aux idées reçues, les plus réputés des domaines viticoles ne sont pas ceux qui sont les plus accessibles, en Alsace comme ailleurs. " Nous demandons absolument de prendre rendez-vous avant une dégustation ", insistent de très nombreux vignerons, qui justifient ainsi la démarche : " Bien souvent, nos visiteurs viennent voir le vigneron en personne et s'affirment déçus de ne pas le rencontrer. Mais nous ne pouvons être au domaine 365 jours par an ! Il y a les voyages commerciaux et de découverte, souvent lointains, les foires et salons, la prospection de clientèle de plus en plus à l'étranger, le travail en cave et dans les vignes, les engagements syndicaux et collectifs, et puis même un peu de repos et de temps pour le conjoint, la famille ", explique un vigneron de Hunawihr.

Bien évidemment, le problème est d'autant plus aigu lorsque le (ou la) vigneron(ne) vit seul, ce qui n'est pas exceptionnel. Impossible dans ce cas de s'appuyer sur le conjoint pour garder le domaine et accueillir les visiteurs lorsque l'autre est dans un salon à l'autre bout de la France. À chacun donc d'élaborer ses propres méthodes, en rappelant combien l'accueil soigné peut être décisif : " C'était un dimanche, vers 12 h 15. Un randonneur cycliste a débarqué au caveau, l'air manifestement épuisé. J'ai pensé à un pique-assiette venu se reposer en se faisant offrir l'apéro. Je l'ai finalement reçu avec autant d'égards que n'importe quel autre client. Et il est reparti en se confondant en remerciements avec une seule bouteille dans sa musette. Mais comme cet amateur de vélo est aussi agent, il nous commande depuis lors plusieurs milliers de bouteilles par an pour des cavistes de plusieurs pays ", raconte cette vigneronne du bord de la route des Vins.

Chacun son style
Bien sûr, le conte de fées ne se répète pas à l'envi. " Notre fonds de commerce, ce sont les touristes qui visitent le Haut-Kœnigsbourg. Les recevoir est contraignant, mais indispensable ", poursuit un vigneron de Kintzheim. " Les gens viennent chez nous pour bénéficier d'un accueil personnalisé, familial. Il ne faut jamais oublier qu'ils emmènent chez eux un peu de nous, en nous conviant à leur table ", ajoute une épouse de vigneron de Soultzmatt. Mais ce système de portes ouvertes ne convient pas nécessairement à tous et c'est d'ailleurs l'un des atouts de la profession vigneronne : compter sur des méthodes et des principes différents et complémentaires. À Husseren-les-Châteaux, à Nothalten, il faut être bien informé pour détecter les très discrets domaines de vignerons pourtant dotés d'une réputation des plus honorables. " Nous préférons éviter les visites imprévues et surtout les touristes qui ne font que passer ", expliquent ceux-là.

Que l'on soit reçu dans un décor élaboré, très moderne ou mêlant audacieusement les styles, ou tout au contraire à la bonne franquette dans un caveau " nappe Vichy ", qu'importe après tout : l'essentiel reste dans le vin, une fois franchie la porte du domaine. Mais le but de la charte est ailleurs : afficher clairement des règles du jeu pour éviter que plus des deux tiers des touristes estivaux de l'Alsace affirment l'importance du vignoble dans leur choix de destination, alors que le pourcentage de ceux qui poussent la porte d'un caveau est minime. L'enjeu est économique, il pèse aussi lourd pour l'image de l'Alsace : les 550 vignerons du Synvira revendiquent haut et fort leur influence favorable sur l'accueil des visiteurs.

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