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Un accueil et des vins à l'image du vigneron.

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Entrez dans l'intimité des caves, découvrez le quotidien du vigneron, comment il travaille sa vigne et produit son vin. N'hésitez plus ensuite à lui rendre visite.

S’il est un domaine où les vignerons disposent d’une belle carte à jouer, c’est en matière d’accueil des clients. En tissant des relations individuelles qui leurs ressemblent, les vignerons peuvent se démarquer des autres circuits de distributions et imposer une image forte de leurs vins.Un_accueil.jpg

S'il y a bien une raison pour laquelle les consommateurs de vins choisissent d'acheter leur vin directement à la cave, c'est sans aucun doute pour l'accueil qu'ils y trouvent. "Nous avons l'information et le temps pour la diffuser, ce que n'ont pas d'autres circuits de distribution", estime Christophe Mittnacht à Hunawihr. Sans compter tous les autres éléments positifs, que n'auront jamais les meilleurs cavistes du monde, notamment le lieu de dégustation lui-même, qui fait le plus souvent partie intégrante de la vie familiale et professionnelle du vigneron. Ce lieu, justement, n'est jamais anodin et dit souvent beaucoup du vigneron lui-même et des crus qu'il a réalisés. En tout cas, la clientèle y trouve un message qui viendra s'intégrer à ses autres critères de choix. Aux vignerons d'exploiter leurs différences et leur identité.

"Le vigneron transmet l'image qu'il a de son propre vin. Tout y concourt : la qualité des verres à dégustation, – un verre INAO privilégie l'analyse, un Riedel plutôt la plénitude – la présence ou non du crachoir, la possibilité de s'asseoir, les courants d'air, etc. Tous ces éléments favorisent ou non la valorisation des crus", considère Jean-Michel Deiss à Bergheim. L'environnement que l'on met en place dépend de la personne que l'on veut être et du type de vin que l'on veut élaborer. Va-t-on scinder les lieux de stockage et de dégustation ? Est-il préférable de donner immédiatement les tarifs ou privilégie-t-on la dégustation et le regard sur le vin ? Rien n'est anodin. Le client va comprendre une partie du vin à travers ces efforts. Et même la présentation des tarifs dit quelques chose des crus, les désacralisent en quelque sorte. Bref, "veut-on vendre des vins de soif ou des vins de gastronomie ? Pourquoi fait-on du vin ? A quoi sert-il ? Quel est son sens et notre motivation ? », interroge un vigneron. S’il veut réussir avec la clientèle particulière, l'accueil fait partie du projet de départ du vigneron.

D’abord rester soi-même
Le produit prend ainsi tout son sens au travers de sa présentation, son terroir, son millésime, etc. Partant de ce constat, la réflexion du type d'accueil à mettre en place ne doit-elle pas être intimement associée à la réalisation des vins eux-mêmes ? Marc Kreydenweiss accueille délibérément la clientèle au premier étage de sa maison, une première manière de s'élever. "Je préfère faire monter les personnes plutôt que les emmener sous terre", remarque le vigneron. Les baies vitrées laissent admirer les coteaux de vignes. "Ce lieu correspond à ce que je veux faire de mes vins : des crus aériens qui incluent une dimension astrale".

Chacun à leur manière, les vignerons essayent de répondre à ces questions en misant avant tout sur la cohérence et l'honnêteté de leur démarche. Par exemple, les bâtiments du domaine Mittnacht Frères à Hunawihr ne relèvent d'aucune architecture particulière. D'ailleurs la relative jeunesse du domaine empêche les vignerons de s'appuyer sur une tradition familiale séculaire. En revanche, Marc et Christophe ont délibérément choisi de s’inscrire dans leur époque. "On ne boit pas les même vins qu'au XVIIIe siècle. On ne vit pas non plus de la même manière. Pourquoi devrions-nous absolument construire toujours les même maisons ?", s'interrogent-ils. "Il est plutôt primordial d'être soi-même et de mettre en avant la cohérence de la présentation et de la vinification des vins. Nous avons opté pour des vins à forte personnalité, pas forcément séducteurs mais révélateurs du terroir et du micro-climat. L'objectif est de se montrer tels que nous sommes, ni philosophes, ni bêtes de scènes. Tout simplement vignerons dans leur époque. Nous ne renions rien de notre culture, mais nous n'avons pourtant pas la même manière de travailler que nos aïeux. Ce n'est pas la peine de se cacher derrière une image de l'Alsace traditionnelle, figée et tournée vers le passé. A nous de transmettre un message d'artisanat ancré dans notre époque actuelle".

Souligner la particularité
Authenticité ne signifie donc pas passéisme. D'aucun préféreront le terme d'honnêteté. Un nouveau bâtiment d'accueil de la clientèle à la façade largement vitrée s'appuyant sur une ossature de bois foncé s’affiche comme un mélange de modernité et d’éléments du patrimoine traditionnel. Tout en transparence, l’édifice parle des vignerons de notre époque et pas seulement des siècles passés. Et même si le vigneron prend un soin particulier à embellir le contexte de dégustation – c'est d'autant plus nécessaire que la consommation de vin devient un élément de culture, un plaisir et non plus un simple besoin – il n'hésite pas pour autant à bousculer sa clientèle. Rien de tel qu'une dégustation à l'aveugle pour déranger les a priori et faire découvrir le produit seul.

Bouleverser, susciter, faire fonctionner le bouche à oreille sans s'afficher sur le devant du chemin, le tout est de garder une cohérence avec les crus présentés. Cela peut passer par le mariage des saveurs qui mettent en valeur les produits du terroir. Au domaine Klein aux Vieux Remparts à Saint-Hippolyte, les pots de confiture aux recettes plus originales les unes que les autres ou les confits de faisan au riesling soulignent l'identité profonde d'une terre de gastronomie. La bonne chère plane dans les esprits. Une manière comme une autre de communiquer le plaisir de faire son vin et de le consommer avec les meilleures associations gustatives. Le vigneron a l'opportunité de lancer une invitation à découvrir davantage que son vin. Si la maison Landmann à Nothalten refuse obstinément de mettre une quelconque pancarte, c'est aussi pour souligner la particularité de ses vins. Même attitude chez Schueller à Husseren-les-Châteaux.

Des repères
"Nous sommes dans un monde où tout se fait et se défait rapidement, les familles, le boulot. Nous essayons pour notre part de rassurer, de mettre en confiance les personnes qui viennent nous voir. Nous pouvons susciter des idées avec le regard en animant la dégustation avec des idées culinaires de saison par exemple. Notre présence et notre discours résonnent alors comme des repères auxquels la clientèle se raccroche en servant notre vin à une soirée", ajoute Myriam Haag à Soultzmatt. Et faire entrer la clientèle dans la maison pour passer au caveau de dégustation est une manière d'intégrer ces visiteurs de passage dans la famille.

Une cuvée "Marie" est venue saluer les Jean-Marie, Myriam et Marion de la famille et par là même la dimension mystique et spirituelle que les Haag accordent au vin dans leur vie. "Ils se sentent plus impliqués aussi lorsqu'on leur raconte toute notre année de la taille au pressoir. Leur faire goûter notre vin au tonneau après les vendanges, c'est aussi leur montrer la vie du vin". D'ailleurs Myriam et Jean-Marie n'hésitent pas à placer le vin dans une continuité. "Trop peu de gens en Alsace savent qu'il faut déguster les vins non pas tant pour ce qu'ils sont mais pour ce qu'ils vont devenir".

Souvent se découvrir est une façon de tisser des liens particuliers, même brefs, entre les clients et le vigneron. Cela peut signifier laisser les clichés de famille au mur, certaines jaunies par le temps, afficher sans complexe les instants qui font vibrer. Ce sont des grandes affiches de jazz chez les Lang à Bernardswiller qui ont donné lieu à une collection d'étiquettes originales. Les vignerons jouent la carte de la sincérité et n'ont aucune honte à brandir le sylvaner comme image de marque de leur domaine. L'ambiance qui s'ensuit est conviviale, simple et directe, à l'image des dégustations organisées chez les clients eux-mêmes ou des promenades dans les vignes et le village organisées en partenariat avec l'euro-village d'Obernai. "Notre but est de créer une clientèle qui nous ressemble, avec laquelle nous pouvons tisser des liens".

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