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Consommation modérée de vins : les français ont-ils une opinion ?

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Cette rubrique propose des articles qui présentent les résultats d'études sur le vin et la santé. 

Qu’est ce qu’une consommation modérée de vin ? A-t-elle un effet bénéfique sur la santé ? Si oui, à quel niveau ? Si non, y a-t-il des risques à consommer du vin même raisonnablement ? Et dans ce cas quels sont ces risques ? Et plus généralement le vin est-il bon pour la santé ? Autant de questions qui nous intéressent tous, et pour lesquelles les réponses ne sont pas simples.

L’ONIVINS, en collaboration avec l’INRA, interroge les Français sur leur consommation de vin depuis plus de 20 ans. Lors de la dernière enquête, réalisée en 2000, auprès d’un échantillon de 4010 personnes, nous avons recueilli un certain nombre d’informations sur les relations perçues par les Français entre consommation de vin d’une part, et effet sur la santé d’autre part. Les éléments que je vais vous présenter, et qui sont issus de cette enquête, sont donc une photographie de ce que pense l’opinion publique, à un moment donné, sur un sujet qui est débattu depuis de nombreuses années. Cette présentation n’a pas, bien sûr, la prétention de trancher le débat d’un point de vue médical. Par contre, elle apporte un certain nombre de renseignements sur la perception qu’ont les Français des relations, vraies ou fausses, entre le vin et la santé

Le vin m’est déconseillé par mon médecin
Sur l’ensemble de la population, seuls 10 % des Français estiment que le vin est déconseillé par leur médecin.
Près de 80 % des interviewés sont même en total désaccord avec la formulation proposée. C’est une opinion qui est unanime quelque soit la segmentation que l’on effectue. Même si une part plus importante des individus au delà de 50 ans estime que le vin leur est déconseillé par leur médecin, il reste toutefois une large majorité (plus de 80 %) pour affirmer le contraire. II n’y a donc pas ou peu de contre indication médicale à une consommation de vin, ou tout au moins si elle existe elle n’est pas perçue comme telle. Remarque importante : la formulation de la proposition ne permet cependant pas de conclure que le vin est conseillé par le corps médical. On peut plutôt penser que celui-ci ne s’exprime que rarement sur ce sujet auprès des patients.

Le vin, c’est bon pour la santé
Près de deux Français sur trois sont d’accord pour affirmer que le vin est bon pour la santé. C’est l’opinion majoritaire aussi bien chez les hommes que chez les femmes. Elle prédomine chez 85% des consommateurs réguliers et 67% des consommateurs occasionnels. Par contre chez les non consommateurs la question est loin de faire l’unanimité : 45% des non consommateurs pensent que le vin est bon pour la santé, 48% ne sont pas d’accord avec cette proposition et 8% n’ont pas d’avis sur le sujet. Enfin si seulement 34% des plus jeunes (15-17 ans) sont d’accord pour affirmer que le vin est bon pour la santé, très vite (à partir de 18 ans) il y a une majorité qui se dégage pour affirmer son accord avec la proposition formulée. Chez les plus de 65 ans, on enregistre même un taux d’accord global de 75% pour affirmer que le vin est bon pour la santé.

Le vin et ses effets sur les maladies
A la question “à votre avis une consommation modérée de vin peut-elle prévenir certaines maladies ?” : un peu moins d’un Français sur deux (44%) répond par l’affirmative. A contrario, 34% des interviewés répondent par la négative et, enfin, 22% se déclarent sans opinion, ce qui, entre parenthèses, est un pourcentage relativement élevé. Parmi les interviewés qui pensent qu’une consommation modérée de vin a une action préventive vis-à-vis de certaines maladies, 86% ont été capables de préciser leur opinion en citant au moins une maladie. Au palmarès des maladies pour lesquelles une consommation modérée de vin aurait une action préventive, les maladies cardio-vasculaires arrivent largement en tête puisqu’elles représentent 75% des citations.’

A la deuxième question, “à votre avis une consommation même modérée de vin peut-elle favoriser certaines maladies ?” 54% des Français répondent non contre 27% oui (soit deux fois moins). Là encore on peut noter que le pourcentage d’interviewés qui n’a pas d’avis sur la question est relativement élevé (19%). 87% des interviewés qui pensent qu’une consommation même modérée de vin est susceptible de favoriser certaines maladies ont été capables de préciser leur réponse en citant au moins une maladie concernée. Les maladies digestives arrivent nettement en tête de cette liste (64% des citations) devant les maladies neurologiques (20%), les maladies cardio-vasculaires (15%), et le cancer (13%).

Lorsque l’on croise les réponses aux deux questions posées on peut identifier 5 groupes dans la population.
Le premier groupe considère qu’une consommation modérée de vin a une action préventive vis-à-vis de certaines maladies sans pour autant associer à cette consommation modérée un risque favorisant d’autres maladies (non ou sans opinion à la seconde question).

Le deuxième groupe pense qu’une consommation modérée de vin prémunit de certaines maladies mais, qu’en même temps, elle favorise d’autres maladies.
Le troisième groupe considère qu’une consommation modérée de vin n’a aucune action, ni préventive, ni favorisante sur l’apparition ou le développement de certaines maladies.
Le quatrième groupe considère, lui, qu’une consommation même modérée de vin favorise certaines maladies sans pour autant avoir d’action préventive vis-à-vis d’autres maladies.
Le cinquième et dernier groupe est constitué des personnes sans opinion aux deux questions.

Qu'est-ce qu'une consommation modérée de vin ?
A quelle quantité correspond une consommation modérée de vin ?”.Pour répondre à cette question, les interviewés avaient la possibilité de définir eux-mêmes l’unité de mesure à savoir le contenant (verre, litre, bouteille, etc.) ; le nombre d’unité ; ainsi que le pas de temps correspondant (par repas, par jour, par semaine, mois ou année). Les interviewés avaient donc toute liberté pour formuler leurs réponses.

Un premier constat s’impose. La quasi totalité des Français (97%) a un avis. Par ailleurs cet avis est formulé de manière très précise puisqu’il a été possible de calculer un niveau de consommation modérée pour 95% des interviewés.

Le deuxième constat réside dans le fait que 91% des interviewés font référence, pour définir une consommation modérée de vin, à une consommation quotidienne (par jour ou par repas) et pour l’essentiel exprimée en nombre de verres. En fait, pour la quasi totalité des interviewés la consommation modérée se déclare par référence à une consommation régulière,.... alors que les consommateurs réguliers de vins sont loin d’être la quasi totalité de la population, puisqu’ils ne représentent qu’un quart de la population française.

La consommation modérée de vin telle que définie par les Français s’élève en moyenne à 3,3 verres de 12 cl par jour ; soit 143 litres par an. Pour mémoire 1 verre de vin de 12 cl par jour correspond à une consommation annuelle proche de 44 litres. On n’observe pas de différence entre les valeurs moyennes définies par les consommateurs occasionnels et les non consommateurs. Elles sont très proches de 3 verres par jour (environ 130 litres par an). Le niveau moyen de consommation modérée défini par les consommateurs réguliers dépasse, quant à lui, les 4 verres de 12 cl par jour (soit 185 litres par an).

Le niveau de consommation modérée défini par les français et la consommation réelle estimée.
Lorsque l’on rapproche ces valeurs de consommation modérée définies par les Français de leur consommation réelle (en rouge), on s’aperçoit que pour les consommateurs occasionnels et pour les non consommateurs, les niveaux de consommation qu’ils considèrent comme modérée (environ 130 litres par an) sont très supérieurs à leurs niveaux réels de consommation à savoir 37 litres par an pour les occasionnels et 2 litres pour les non consommateurs. Par contre, les consommateurs réguliers (environ 1/4 de la population) définissent une consommation modérée moyenne (un peu plus de 4 verres par jour soit 185 litres par an) proche de leur consommation réelle (189 litres par an). On peut penser qu’il y a au travers de cette notion de consommation modérée une auto-justification des consommateurs réguliers par rapport à leur pratique de consommation. En revanche pour les autres, les 75% de non consommateurs ou de consommateurs occasionnels, ces résultats tendent à montrer que, quasi indépendamment de leur comportement réel, la grande majorité des Français ont intégré un seuil de consommation qu’ils jugent raisonnable et ce en terme de nombre de verres par jour ou par repas.

Christian MELANI
ONIVINS
Division Etudes
et Marchés.
Enquête 2000 sur la consommation du vin
en France.

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